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Un peu de tout

le jeudi 15 mai 2003

Il est très difficile à savoir à présent comment réagir aux mensonges quotidiens de l’administration Bush et à la désinformation médiatique, commise, comme beaucoup l’ont suggéré bien avant, par peur de représailles politiques, par peur des propriétaires des grandes chaînes (Disney, General Electric, Tisch, Murdoch et AOL/TimeWarner), par paresse investigatrice, par peur de déplaire aux téléspectateurs qui n’ont, selon plusieurs sondages, aucune envie d’être forcés à regarder une vérité contraire à leurs préjugés confortables. On ne retrouve pas d’armes de destruction massive et la plupart des Américains s’en foutent. La légalité internationale, c’est pour les autres, les impuissants. C’est un truc « européen » (comme les Nations Unies, d’ailleurs) qui n’a franchement d’autre but que de protéger les malfaiteurs, chez nous comme à l’étranger, en empêchant aux Américains d’agir librement pour le bien de tout le monde. L’éditorialiste Mark Morford décrit très bien, dans cet article paru aujourd’hui dans le San Francisco Chronicle, la frustration et le cynisme ressentis par pas mal d’Américains actuellement. Malheureusement, je crois que c’est bien loin d’être une majorité. M. Morford écrit : « Peace advocates are sighing and drinking heavily. » Il a raison.

De la guerre en Irak on n’en parle presque plus, de toute façon — cette guerre, on l’a gagnée, le reste, c’est oublié, il ne reste que des jeux de cartes à « compléter » (pas celui-ci) et puis, voilà, l’Irak sera aux mains appropriées des sociétés pétrolières anglo-américaines qui s’occuperont de tout. Ici on parle surtout d’une réduction des impôts — c’est toujours impressionnant comment les Bushistes arrivent à mener toutes discussions nationales sur des sujets qui leur plaisent. On répète un peu partout combien les riches gagneraient des réductions proposées par les républicains mais le public semble hypnotisé par la phrase magique : « moins d’impôts » même si ce ne sera pas eux qui vont réaliser des réductions. Les démocrates vont pouvoir probablement, avec l’aide de quelques républicains pas tout à fait pourris, diminuer ces réductions de quelques milliards de dollars, mais l’usurpateur pourra, devant les électeurs, ou se féliciter d’avoir baissé les impôts ou se plaindre qu’on ne les a pas assez baissés.

Oui, on est déjà en pleine campagne électorale. Les démocrates vont avoir du mal à détrôner Bush Junior, qui n’a pas honte d’apparaître en costume de pilote d’avion de chasse (photo très « Top Gun » avec l’entrejambe accentuée pour plaire aux femmes — si, si, allez voir ça ici) en dépit de son histoire de service militaire dans la Garde nationale pour le moins douteuse, « service » qui lui a permis d’éviter d’être envoyé au Viêt Nam. Mais le truquage de son dossier militaire ne compte pour rien contre l’« immoralité » prétendue d’un type comme Howard Dean, l’ancien gouverneur de l’état de Vermont, où il a signé la loi permettant les « unions civiles » entre homosexuel(le)s. Ça, c’est le vrai scandale ! (La campagne présidentielle de Dean a depuis quelques semaines son propre carnet web, mis à jour par un membre de l’équipe.) Visant Kerry, qui s’est battu au Viêt Nam, on fait des clins d’œil indiscrets sur ses origines juives, récemment révélées, et rit de son visage « plutôt français ». Pour les autres candidats, c’est ce qu’on appelle ici du « républicain réchauffé », du Bush Lite, ou des impossibilités comme Al Sharpton, que nous connaissons très bien à New-York pour sa bouffonnerie au procès intenté par Tawana Brawley contre des policiers blancs, qu’elle avaient faussement accusés de viol. C’est pour toutes ces raisons, ainsi que beaucoup d’autres que je n’ai pas notés ici, que je reste franchement découragé par ce qui se passe ici, sans parler des détenus à Guantanamo, de l’acte Patriot II proposé par Ashcroft et d’autres, de l’économie qui ne reprend pas malgré toutes les assurances officielles.

Pour goûter un peu à la vulgarité patriotique américaine dans un des ses aspects les plus actuels, ce site, puisé chez Tom Tomorrow, fera l’affaire.

Sur un autre sujet, j’ai accompagné le copain à sa course de 5 milles qui a eu lieu dans le Central Park hier soir. Il y avait 12.000 coureurs, de toutes les grandes sociétés à New-York. On a pris le métro près de chez nous pour aller jusqu’à la station de la 69e rue et l’avenue Lexington, où le copain m’a quitté parce qu’il lui fallait retrouver son numéro et il avait peur d’être en retard. Moi j’ai flâné vers le parc, en traversant d’abord le Park Avenue, avec l’édifice classique du célèbre Council on Foreign Affairs, cible préférée de la réaction extrémiste et isolationniste, dans le journal duquel, le très connu Foreign Affairs, on a présenté pour la première fois la politique de « containment » utilisée par les Etats-Unis pour encercler le bloc communiste. Plus tard je suis arrivé à la 5e avenue, devant la collection Frick. Les feuilles sont finalement apparues et le parc est très vert.

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Remontant la Park Avenue

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Descendant la Park Avenue

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Edifice du Council on Foreign Affaires à New-York

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Devant la collection Frick

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Il y avait des pique-niques installés un peu partout sur le gazon, où les gens en shorts et T-shirts bavardaient avant la course, patronnée par la banque JPMorganChase et d’autres sociétés, comme le joaillier Tiffany. Ces courses se passent aussi à Francfort, à Londres et à Sydney, donc les drapeaux de ces pays autour du dais.

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Des pique-niques

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La ligne d'arrivée

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La forêt enchantée

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Le coucher du soleil sur des tours de Central Park West

Photos diverses

Un petit bateau de croisière quitte New-York vers le large, devant le complexe sportif de Chelsea et le parking élevé de la Poste, avec le New-Jersey (état dégoûtant) au fond.

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On tourne quelque chose devant une façade délabrée dans la 9e avenue.

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Le beau temps enfin ! Les gens déjeunent dehors à l’Empire Diner dans Chelsea. Mais je ne peux pas l’apprécier puisqu’il faut que je me prépare pour un examen préparatoire ce soir.

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Pour terminer, j'ai apprécié le nouveau carnet de Pierrick, en stage à Fort-Lauderdale en Floride (alias New-Jersey-Sud-sur-Mer, mais passons). A quand un carnet qui nous décrira la vie quotidienne à Pittsbourg ? Tout un réseau de carnets en français autour des États-Unis (et alors carnets américains ou français ? )