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Hollywood-sur-Hudson

Il fait un peu Hollywood-sur-Hudson dans le quartier ces derniers jours avec le tournage aujourd’hui d’épisodes de la nouvelle production de la pièce-fleuve « Angels in America » de Tony Kushner, duquel on vient de fêter tout récemment dans les pages mondaines du Times de dimanche la célébration du « partenariat » avec un certain Mark Harris, et demain on tourne encore des épisodes de la dernière saison de « Sex in the City. » En allant au pressing hier dans l'après-midi pour chercher de quoi porter au gala hier soir j’ai remarqué qu’on tournait quelque chose dans un restaurant du coin et puis quand on est allé chercher un taxi plus tard, ils se sont tous réaménagés devant les portes d’un garage — il y avait tout un monde sur le trottoir de l'autre côté à les guetter les acteurs mais moi je n'en connaissais aucun.

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Trois jeunes acteurs dans la rue Perry

Finalement, toujours en route vers le pressing chinois, je vois un autre camion de production garé devant un restaurant (pas chic du tout) dans la rue Hudson et voilà, c’est Boy George, crâne rasé, assez gros, qui fume une cigarette sur le trottoir et parle avec des connaissances assises à une des petites tables extérieures du resto pendant que des techniciens lumière et son s’affairent autour de lui. Comme j'avais hâte de prendre mon costume, je n'ai pas pu attendre pour voir ce qu'ils y faisaient.

La soirée d'hier était agréable. Une amie à moi, marchande de tableaux, s’est saoulée comme d’habitude, mais on m’avait mis entre deux femmes très agréables et très instruites, l'une qui est conservatrice d’argenterie au Metropolitan Museum à ma gauche, et l'autre la directrice de tableaux européens du XIXe siècle chez Christies à ma droite.

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Notre table (sans nous)

Le copain a été le grand martyr du soir, puisqu’il s’est sacrifié en se mettant entre un vendeur snob de la boutique Asprey de la 5e avenue et le mari de la conservatrice d’argenterie, sympathique mais à mon avis assez rasoir. A propos du vendeur, je trouve qu'il n’y a assurément rien de plus désagréable qu’un pédé de droite. Le copain m’a dit plus tard qu’il portait aussi un de ces broches en drapeau américain (du patriotisme aussi voyant que facile) sur le revers de son smoking pour montrer son soutien personnel aux troupes américaines — c’est quand même d’une connerie tout à fait spéciale, sinon imbécile, pour un homosexuel de porter des trucs pareils pour une armée qui ne veut en tout cas absolument pas de lui.

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Les garçons attendant qu'on s'assoit

Heureusement que la femme de chez Christies était tout ce qu’il y a de plus délicieusement cynique, lucide et méchante. On s'est plu tout de suite et je me suis marré à entendre ses histoires très drôles de ses deux filles (elle est divorcée), dont l'aînée va à un collège de filles en Angleterre l'année prochaine pour étudier l'histoire médiévale et approfondir ses connaissances du gallois médiéval (il fallait voir la tête de la maman quand elle m'a expliqué ce dernier point.) La bouffe n’était pas extra — du poisson mal cuit, des légumes tièdes, un dessert trop sucré, mais la chanteuse Cyndi Lauper est montée sur scène pour chanter quelques chansons — elle était excellente, d’une belle voix claire et forte, et c’était curieux, et même touchant, de voir combien de gens, assis à table avec leurs verres de vin, de tous les âges, connaissaient les paroles de la chanson « True Colors », une sorte de « Beautiful » de l’époque, qu’ils chantaient tous en silence en même temps qu’elle la chantait à haute voix.

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Cyndi Lauder au début

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Elle chante

Y a encore de nouveaux francophones qui « carnètent » aux USA : voici le carnet d’une famille française qui habite Charleston, très belle ville en Caroline du sud, et qui fait en ce moment un voyage dans le vrai Far West de ce pays. C'est intitulé « french family in USA », on ne peut pas plus direct. J’ai trouvé ça bien sûr chez MediaTIC, qui est vraiment les Galeries Lafayette plus le Bloomingdales pour toutes les nouveautés de la « carneterie » moderne.