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Le déluge

La pluie a commencé à tomber pour de vrai hier dans la nuit et continue toujours. Le copain et sa partenaire en course à pied ont toutefois couru 9 milles ce matin. Il est rentré trempé jusqu’aux os. On est ensuite allé chez une amie pour un petit déjeuner « complet » (œufs brouillés, bacon, tranches de pain portugais grillées) avec deux femmes qui passaient le week-end chez elle. L’une était de New-York et l’autre de Jacksonville, en Floride (elle fait le personnage de Blanche de l’émission de télé « Golden Girls »). Agréable matinée.

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Et ma coupe déborde...

De retour chez nous on s’efforce avec difficulté de ranger un peu la maison, corvée qu’on évite de faire le plus possible. On jette les anciens numéros de « The Economist », « Wired », « Architectural Digest » (eh oui, on a nos côtés pédé stéréotypés), « Men’s Health » (là encore), « The New York Review of Books », « The New Yorker » et ainsi de suite. Il nous reste à faire le linge et la vaisselle et mettre les ordures dans les sacs en plastique jaunes agréés par la ville avant de nous préparer pour rentrer à Manhattan.

Tous ceux qui s’intéresseraient à la science politique et aux origines intellectuelles de l’État moderne devraient faire un coup de souris vers les sites de Netlex et de Padawan où l’on réfléchit, dans des entrées ici et ici, sur l’importance de la laïcité dans l’établissement et le maintien de l’état moderne. Cet état laïc (et donc universel et ouvert à tous qui voudraient y participer), conçu et théorisé dans les salons parisiens au milieu du XVIIIe siècle, a vu le jour pour la première fois aux Etats-Unis d’Amérique nés en 1776 (avec l’aide de la France royaliste et catholique). L’idée est revenue en France où elle est devenue plus ou moins officielle avec la Révolution. Cette idée d’un état fondé par des individus sur une base de droits et de lois, sans référence aucune à une religion particulière, ou à une race, ou à une ethnie, fait le grand et le vrai pouvoir des États-Unis — une association humaine construite de principes et non de peuples dans laquelle tout le monde peut faire partie. En principe, c’est pareil pour la France, où l’on peut bien être Français de n’importe quelle origine nationale ou ethnique (à l’opposé de l’Allemagne, qui a toujours du mal à intégrer les étrangers d’ethnies non-allemandes), mais en pratique, puisque la France n’est pas, dans sa majorité, une nation d’immigrés plus ou moins récents comme le sont les Etats-Unis. Mais ils ont eu tous les deux, comme états, la même idée au départ.