« La vie de bohème bourgeoise | Main | Le Grand Nord »

La dissonance cognitive

Si l’on vous demande, dans un cocktail mondain ou pendant le dîner chez des amis à la campagne, combien de fois ils nous ont mentis, et en disant quoi, exactement, voilà la page, trouvée chez Whiskey Bar via Atrios et tristement illuminante, qu'il vous faudra. Dans cet article assez cynique de Paul Krugman dans le New York Times d’aujourd’hui le journaliste signale que 41% des Américains croient qu’on a déjà découvert des arms de destruction massive en Irak ou ils n’en sont pas certains — le directeur du groupe qui a mené le sondage essaie d’expliquer ces chiffres en parlant de « dissonance cognitive ».


« A new poll by the Program on International Policy Attitudes finds that 41 percent of Americans either believe that W.M.D.'s have been found, or aren't sure. The program's director suggests that "some Americans may be avoiding having an experience of cognitive dissonance." And three-quarters of the public thinks that President Bush showed strong leadership on Iraq. »

Bon, mais alors qu'est-ce que c'est que cette dissonance cognitive — ça veut dire quoi précisément et ça marche comment ? Voilà, une définition explicative très à propos, tirée de cette page d'un site anglais.
« Cognitive dissonance is a psychological phenomenon which has two major effects on learning:
* if someone is called upon to learn something which contradicts what they already think they know — particularly if they are committed to that prior knowledge — they are likely to resist the new learning. Even Carl Rogers recognised this. Accommodation is more difficult than Assimilation, in Piaget's terms.
* if learning something has been difficult, uncomfortable, or even humiliating enough, people are not likely to admit that the content of what has been learned is not valuable. To do so would be to admit that one has been "had", or "conned". » (C'est moi qui ai mis les caractères gras.)

J’ai bien l’impression qu’une grande partie du pays est en train de subir cette « dissonance cognative » à propos de Bush mais même, devant toutes les preuves réitérées, ils résistent, avec l’assistance toujours fervente des médias gérés par Murdoch et autres, à admettre une vérité qui montrerait qu’on les aurait eus. Parce que ce n’est pas la vérité qui importe à Bush et surtout à ses conseillers marionnettistes, mais seulement garder le pouvoir qu'ils ont arraché. Ils ont fait, et toujours feront, n’importe quoi (manipulation de la Cour suprême, scellement et reclassification de documents relatifs aux activités de l’Administration juste avant le 11 septembre 2001, les mensonges proférés un peu partout sur les raisons pour une intervention militaire en Irak) pour se maintenir au pouvoir. Espérons qu’on se réveillera avant qu’il ne soit trop tard pour nous en débarrasser. Mais c'est comme avant, avec Nixon — il va falloir qu'il arrive à l'administration quelque chose de très grave, quelque chose d'indéniable, quelque chose qui remettra en cause toute la politique de Bush et cie. Mais quoi ? Et quand ?


Ophélia,dans son entrée affichée le 28 mai (le permalien ne semble pas marcher), pose des questions à mon avis intéressantes sur la manie actuelle de « cotes de popularité de carnets web » et leur signification réelle. On écrit un carnet web pour plusieurs raisons. Il y en a de très bons (ce qui veut dire pour moi très intelligents et bien écrits) et de ... moins bons. Nous le savons tous sans avoir besoin d'en parler trop explicitement. En plus, je me méfie un peu du côté « who's hot » et « cool » chez les carnetiers, tout comme chez les galeristes et les gens de la mode — cela me rappelle trop cette ambition collégienne d'appartenir à certains groupes d'initiés complaisants — une ambition presque toujours ratée dans mon cas personnel.