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Et si l'on s'argentinisait ?

C’est multilingue, c’est spécial, c’est ouvert à tous, c’est phoons, trouvé via errance… de michel saint-denis.

Découverte personnelle d'un processus politico-social nouveau : « argentinisation », nom qui décrit la descente plus ou moins pénible et consciente d’un pays de loi vers un état qui ressemblerait à l’Argentine de l’époque des généraux, puisé (dans sa forme anglaise de « Argentining ») chez le carnet Unqualified Offerings via Atrios.

L’article s’intitule : « La chance des Irlandais… et des Français et des Canadiens et des Allemands et ainsi de suite » et c’est écrit par un journaliste Alan Bisbort, revenu aux États-Unis d’un séjour de 10 jours en Irlande, dans le numéro du 19 juin 2003 du « Hartford Courant ». Je n'en citerai que deux petits morceaux qui seront, je crois, suffisants pour montrer l’essentiel de son argument et le ton presque d'avertissement son point de vue.

« There will come a time, when and if George W. Bush wins the 2004 election, that many first-rate Americans will give serious thought to emigrating from the country of their birth, this place formerly known as the land of the free. If you haven't at least given some fleeting thought to this possibility already, then you aren't paying attention to what's going on here. You are, shall we say, living in a fool's idea of paradise. »

Il s’explique un peu plus loin :

« I'm convinced that America is in the grip of a monstrous delusion, one that bears no resemblance to the rest of the world's reality. The passive acceptance of corruption and lies that is the foundation of this current house of cards strikes me as a collective version of the go-along-to-get-along mentality that rules families victimized by abuse and addiction. »

Cet article m’a vraiment étonné, parce que c’est la première fois que je lise un article publié dans un grand journal américain qui parle de l’émigration comme un choix raisonnable devant la situation politique actuelle. Même pas chez Mark Morford du « San Francisco Chronicle », lui-aussi ennemi acharné du régime Bushiste. Je me dis que c’est sûrement alarmiste — mais en fait peut-on en être vraiment sûr ? (C'est un peu comme ces histoires d'alertes jaune ou orange — après plusieurs jours d'infos hystériques, j'ai finalement cédé, m'allant à l'épicerie pour acheter quelques bouteilles d'eau minérale (française), surtout pour le chien.) Et on pense inévitablement aux bons petits Allemands qui se sont dit la même chose en 1933.

J’ai trouvé l’article par un lien publié chez SmirkingChimp.com. Les commentaires à ce lien sont intéressants aussi — on parle, par exemple, de la possibilité d’un « Anscluß » d’un Canada trop « antiaméricain » (et trop proche) !