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Une bonne nouvelle

Assis hier soir dans un bar climatisé à côté du frère de l’amie marchande d’art en visite de Sydney, je ne suis pas allé à la célébration plus ou moins impromptue qui s’est déroulée dans la place Sheridan pour marquer la décision prise par la Cour suprême sur la pratique de la sodomie en privé au Texas. À New-York, confortablement installé dans un bar du Greenwich Village et entouré de gens « éclairés » à siroter un margarita pas extraordinaire, on peut se croire à des années-lumière des bêtises qu’on commet avec tant d’envergure au Texas et en Floride, pour ne nommer que ces deux états particulièrement doués en ce genre de petitesse moralisante. En plus, pour les lois interdisant cette pratique sexuelle, on ne les appliquait presque plus — mais ce « presque » restait pourtant important, parce que ces lois désuètes étaient toujours un moyen important de harceler les gens, de leur causer des ennuis légaux. Il fallait donc renverser le principe de discrimination légale que la Cour avait renforcé dans une décision rendue publique en 1986. Donc il ne faut pas oublier, même à New-York, l’importance de cette décision.

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La vitrine d'une des boutiques Marc Jacobs près de chez nous dans la rue Bleecker

C'est surtout le langage du jugement qui est à mon avis frappant : « The state cannot demean their(c’est-à-dire, les homosexuels) existence or control their destiny by making their private sexual conduct a crime. » « Demean their existence » — c’est qu’on a bien voulu faire depuis des siècles, en promulgant une variété impressionnante de lois et d'interdictions. Mais le mot « demean » en anglais, c’est fort — c’est réduire à un état inférieur avec une méchanceté sous-entendue (la signification légale n’a pas peut-être ce côté mesquin). Les implications de cette interdiction à l’état d’ « avilir » une classe de citoyens à cause de leur sexualité sont immenses — je m’attends à une nouvelle vague de procès contestant les lois discriminatoiressur le mariage, le service militaire, et les impôts.

Autre aspect étonnant de ce jugement : la Cour a fait référence explicite à la Cour européenne des droits de l’homme pour expliquer son raisonnement. « And, to the extent Bowers relied on values shared with a wider civilization, the case's reasoning and holding have been rejected by the European Court of Human Rights, and that other nations have taken action consistent with an affirmation of the protected right of homosexual adults to engage in intimate, consensual conduct. » Je me demande combien de fois la Cour suprême américaine a considéré des jugements rendus hors des États-Unis pour appuyer un de leurs jugements. Je vois cela comme un petit pas vers la de la compétence juridiqued’un tribunal international ayant des « valeurs partagées ».

Il est aussi intéressant à noter que la version Internet du « Times » n’indique pas l’importance visuelle du gros titre en dessus de la une du journal imprimé :

JUSTICES, 6-3, LEGALIZE GAY SEXUAL CONDUCT

IN SWEEPING REVERSAL OF COURT’S ’86 RULING


avec une grande photo en couleur des deux hommes qui ont dû passer une nuit en prison pour avoir violé la loi texane maintenant renversée.

Le reportage dans le « Times » décrit aussi les réactions émues des avocats lesbiens et gays dans la salle (les avocats ont un endroit qui leur est réservé) lorsqu’on lisait le jugement.



Quelques vues de Manhattan de la terrasse

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Vers le nord-est

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Vers l'est

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Vers le sud et la 8e avenue

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Sur la terrasse au 16e étage

Jeudi soir, c’était la faute de l’ami galeriste qui nous avait invités à profiter de sa belle terrasse au 16e étage de l’immeuble et de son mélangeur pour préparer des margaritas frappés. Oui, c’est sa faute à lui qu’on a bu tant de tequila en se demandant si on devait essayer d’entrer à la dérobée au gala de DIFFA qui avait lieu au Regent Hotel à Wall Street — J, grande amie du galeriste, disait qu’on pouvait entrer en filant quelques joints aux videurs (les billets coûtaient $300 chacun). L’ami galeriste a agi en « art director » pour la rendre plus sexy.

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Il faut montrer plus de poitrine pour pouvoir distraire les videurs

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L'Empire State Building illuminé

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La 8e avenue vue d'en haut la nuit

On est rentré chez nous en trébuchant (un peu seulement) par la 8e avenue — le copain a insisté qu’on s’arrête en route, d’abord à Barracuda et ensuite au Cubby Hole, un bar autrefois lesbien en transition vers une nouvelle identité toujours incertaine.

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Cette photo n'a rien à voir avec ce billet — j'ai vu un incendie en allant à la galerie hier — voici l'escalier des sapeurs-pompiers.

Hier je suis tombé sur le site www.buyfrenchnow.com, qui est en ligne depuis assez longtemps mais que je n’avais jamais visité auparavant. Les deux créateurs, Californiens de Santa Cruz, sont l’objet d’un procès intenté par un fou furieux de droite au nom de Michael Savage (né Wiener), commentateur de radio, qui les accuse de l’avoir diffamé en faisant un autre site satirique appelé Savagestupidity.com. Ils ont fait le site pro-français pour protester la politique de Bush en Irak et la propagande anti-française des républicains.

Comments

Je suis bien d'accord avec toi, la liberté était le back-bone de l'amérique, c'est inquiètant, drôle d'air du temps, serais-ce l'ère de la Busherie légale?!? Et bye-bye les différences...