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Les courses

Ce matin je me suis dédié à l’obtention de nos visas russes — il nous fallait des photos, qu’on s’est fait faire hier soir, et il fallait remplir plusieurs formulaires compliqués et pleins de questions qui faisaient plutôt peur — votre assurance médicale est-elle valable en Russie, par exemple — je n’en savais absolument rien, évidemment. J’ai dû aller à la banque pour obtenir deux chèques émis par la banque à l’ordre du Consulat russe à New-York (« cashier’s check » ça se traduit comment ?) — ce n’est pas bon marché, les visas russes ! Métro jusqu’à la 86e rue est, d’où j’ai continué à pied, traversant l’avenue du Parc, pour arriver à la 91e rue est, dans laquelle se trouve le consulat.

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L'avenue du Parc vers la 88e rue

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Le consulat russe dans la 91e rue

Une petite foule de gens devant une porte à droite de l’entrée principale (fermée) — un petit vieillard sort de temps en temps pour dire aux gens quelque chose en russe que bien sûr je ne comprends pas. Tous les avis sont en russe à part une indication sur la porte qui dit « Push » donc c’est un peu difficile de savoir ce qu’il faut faire. Après une bonne demi-heure, deux Américains montent l’escalier et sonnent à la porte qui s’ouvre comme par magie — on aperçoit une porte intérieure marquée « Visas ». Je l’essaie moi-même — on entre et passe vite au bureau où il y a quatre guichets : une caisse, un autre pour ramasser les passeports munis de visas, et deux pour déposer les demandes. J’ai eu de la chance — j’avais laissé passer une femme devant moi qui s’est trouvée devant un petit Staline pas marrant. Au guichet où je me suis présenté très humblement, il y avait un petit homme tout pâle, qui m’a pris mes documents sans trop les inspecter et m’a rendu un reçu pour récupérer les passeports la semaine prochaine. La femme qui est passée devant moi a eu des ennuis avec son interlocuteur qui a refusé d’accepter son chèque en paiement — j’avais les mêmes chèques, mais on ne m’a pas fait d’ennuis, la caissière les a timbrés et encaissés sans commentaire — et j’ai finalement quitté le petit bureau pendant qu’elle insistait à parler avec le « chef » — aussi probable, je me suis dit, qu’une apparition subite de Lénine.

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L'avenue Lexington (avec le nouveau siège social de Bloomberg en construction)

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Le grand magasin Bloomingdales

J’ai repris le métro jusqu’à la 59e rue — je n’aime pas beaucoup ce quartier mais il y a une boutique de stylos tenue par une famille d’origine coréenne que j’aime beaucoup à la 61e rue et l’avenue Lexington. Donc je suis sorti faire un tour chez eux, où finalement j’ai acheté un stylo à encre japonais Namiki donc le bec en or est aussi souple qu’une vraie plume — nécessaire pour l’écriture de caractères japonais et chinois et agréable pour le gaucher que je suis. De cet ancien quartier de grands magasins, dont il ne reste plus que Bloomingdales, je suis rentré chez moi au Village, où j’ai reçu un coup de téléphone de l’amie marchande de tableaux. Elle m’a demandé de l’accompagner pour voir un local qu’elle pensait louer pour en faire une galerie d’art. Après avoir vu tout l’immeuble de quatre étages, nous sommes allés au restaurant belge Markt dans la 14e rue et la 9e avenue pour échanger nos impressions en mangeant des moules au vin blanc et une salade de crevettes accompagnées de quelques bouteilles de Chimay bien fraîches.

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La galerie potentielle dans la 10e avenue

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Une bonne bière avec ...

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des moules et des frites !

On est rentré chez nous, en passant par la nouvelle maison (c’est vraiment trois petites maisons qu’on combine) du ménage Susan Sontag et Annie Liebowitz qu’on est en train d’aménager — je ne savais même pas qu’elles étaient un couple ! On photographiait des mannequins pour une revue japonaise dans la rue Gansevoort.

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Le monde de la mode dans la rue Gansevoort

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La nouvelle maison de Mlles Sontag et Liebowitz dans le Village (d'après certaines sources non vérifiées)

Quelques exemples du français un peu bizarre qu’on emploie à New-York. Non, ça ne s’explique pas vraiment.

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Un panneau auto-publicitaire à Chelsea

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Je ne vois vraiment pas la nécessité de cet « à » curieux au milieu du nom et de l'adresse de l'immeuble en anglais, mais c'est bien ça le snobisme linguistique

Comments

cashier’s check = chèque de banque

Une moules frites avec une biere ...
Le Ch'ti que je suis serait pret a se damner
pour ca!

Merci, Laurent ! Et oui, Pierre, c'était bon, presqu'un péché, surtout de boire comme ça dans l'après-midi !

"objet petit a", c'est pas du n'importe quoi, c'est un concept psychanalytique propre aux théories du psychanalyste français j. Lacan et qui est en rapport avec l'objet de désir sexuel...
mais de là à t'expliquer ce que ce panneau veut dire...:-(??

Merci, Frederic, pour l'explication — je connais Lacan de nom, pas de lecture (preuve d'inculture, je sais) et je n'avais aucune idée de quoi il s'agissait dans ce panneau-là. Assez prétentieux, tu ne trouves pas, pour une petite rue du Far West Side de Manhattan ?