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Les mères

Bonne journée pas tout à fait gaspillée : je me suis levé assez tôt avec une trace de gueule de bois suite au dîner d’hier soir avec ma mère, où j’ai commencé avec une vodka tonic chez elle, puis un vodka martini « spécialité du bar » au restaurant, pour terminer avec une bouteille de Sancerre partagée. La « spécialité » consistait en un faux glaçon moulu en plastique avec une sorte de lumière rose qui rougeoyait au milieu. J’ai découvert un peu par hasard que ma mère a l'intention d'établir un fidéicommis « résidentiel » dans lequel elle versera sa maison qui sera donc libre d’impôts à son décès. En principe, mais je n’ai pas toujours confiance dans les conseillers de ma mère, qui a souvent tendance à tout simplement croire en des gens « bien » comme elle dit sans pour autant vraiment comprendre tous les aspects d’une décision particulière. La soirée était pleine de souvenirs : voyages ensemble à Prague, à Venise à Noël, à Rome avec mon père, en Afrique. Elle ne croit pas pouvoir revisiter l’Europe, elle n’a pas assez de force, faute d’avoir cessé totalement tout exercice physique à part porter un verre ou une clope à sa bouche. Bon, c’est ce qu’elle a choisi. Elle m’a demandé, de retour chez elle, où se trouvait maintenant un ami chinois-américain qu’elle aimait bien. « Je parlais avec G » (le nom de mon premier grand ami, un Américain que j’avais rencontré au Zaîre), je lui ai dit, « et il m’a dit que T se trouve dans l’île de Sakhalin, où il travaille pour une firme pétrolière. » Un moment de silence. « Je n’ai pas aimé G. » a-t-elle dit, sans émotion. Je n’ai rien répondu, je le savais déjà depuis très longtemps. C’est le copain qui s’en est réjoui quand je lui ai raconté la soirée.