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Le stress

Bon, j’ai démissionné comme prévu (voir ici pour une explication partielle) à l’assemblée générale de l’association — la moitié de la salle en était surprise, l’autre ravie. C’est bien comme ça la politique, comme l’a très bien noté ionel dans un commentaire au billet cité en haut, mais pour moi c’était un véritable soulagement de pouvoir laisser tomber toutes ces histoires désagréables qui m’ont entouré pendant trois ans et demi. Il faisait très beau, on est allé déjeuner, le copain, notre hôte, et moi, dans un restaurant très simple où les souvenirs amers s’en allaient avec chaque bouchée de salade.

J’avais accepté une invitation pour nous trois de venir prendre un verre sur un assez grand voilier amarré dans le port (un Concordia) mais le copain et son ami se sont arrangés pour pouvoir échapper à cette réunion et donc j'ai dû allé à bicyclette (bravo Mister Armstrong, nous sommes fiers de vous !) tout seul au chantier maritime/marina du port où un jeune employé de la marina m’a emmené dans la vedette auprès du voilier d’un de ses chefs, copropriétaire de la marina. Cocktail plutôt bizarre, avec le vieux monsieur qui respirait à l’aide d’un tuyau d’oxygène, sa femme qui s’affairait avec des amuse-gueules, leur fils, gros et dodu, et l’ami de leur fils, lui aussi gros et dodu, les doigts pleins de bagues démesurées. Moi je n’ai pris qu’un verre d’eau minérale en dépit des protestations de madame la mère qui me proposait énergiquement du vin blanc (argentin). Je me suis sauvé après une longue heure de conversation plutôt forcée et j’ai ensuite rejoint le copain et son ami pour aller manger des homards à côté du port où l’on célébrait la « Bénédiction de la flotte », une fête annuelle pour commémorer les pêcheurs morts durant l’année et pour célébrer la culture portugaise de la plupart des pêcheurs locaux. On a mangé nos homards et on a bu pas mal de bière avec les jeunes du coin (dont je reconnaissais pas mal de la salle de sport) qui draguaient les filles en jeans moulants.

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C'est la place Vendôme du coin, n'est-ce pas ?

Dimanche matin on s’est levé assez tôt parce que le copain et l’hôte allaient faire une course de cinq miles à 10 heures — la partenaire en course du copain est venue avec nous, spectatrice elle aussi, comme moi. La course a commencé et a terminé devant un centre commercial des plus élégants où il y avait quatre magasins : un bar (sponsor de la course), un magasin de spiritueux, un vidéoclub et librairie porno, et un mont-de-piété ! Il faisait chaud et humide, ce qui m’arrangeait, petit voyeur que je suis, parce que les coureurs enlevaient leurs tee-shirts.

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Le début de course

Après la course on est rentré chez nous pour déjeuner et pour regarder le défilé de la bénédiction qui, chaque année, descend l’une des deux rues principales du village pour remonter l’autre vers l’église catholique où l’évêque (un nouveau, qui n’a pas fait de saletés avec des enfants de chœur) du diocèse, le curé (très sympa), et quelques politiques saluent les participants.

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Une troupe de danseurs traditionnels portugais dans le défilé de la Bénédiction

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On regarde passer le défilé

L’ami coureur du copain est parti vers trois heures de l’après-midi et l’ami galeriste est arrivé du Vermont vers 17 h 30, hors de lui suite à une histoire de pneu crevé qu’on n’a pas pu facilement réparer à cause d’un écrou spécial abîmé qu’on a dû enfin souder. On lui a vite versé un grand verre de vin blanc bien frais, ce qui marchait pour le calmer un peu. On a fait un petit tour des ruines de l’usine détruite par le feu avant d’aller aider le copain à sortir son gonflable de l’eau et de dîner.

Lundi on s’est levé encore très tôt pour aller à la gare, où le copain a pris le train pour New-York. J’ai participé à une réunion à 8 h 30 (encore des trucs bénévoles) et après on est allé manger un petit déjeuner très américain d’œufs brouillés, de toast au beurre, de « home fries » — morceaux de pommes de terres frits — et du bacon. Comme il faisait très beau et très chaud, j’avais proposé à ma mère de venir chez elle pour déjeuner dans une sorte de cantine qui donne sur la plage — l’ami galeriste, la partenaire en course et moi, nous nous sommes tous rendus chez ma mère et de là à une jolie terrasse ensoleillée où l’on a bu des limonades et on a mangé des salades de poulet au cari — il faut faire un effort pour distraire les gens qui viennent nous voir !

De retour chez nous, l’ami galeriste est rentré à New-York et moi j’ai continué à faire le ménage à la maison, où les parents du copain viendront passer quelques jours la semaine prochaine. Ce n’est pas mon passe-temps favori, mais bon… J’étais moi-même prêt à partir (plus ou moins) vers 19 h 30, je suis allé faire le plein avant de prendre l’autoroute maudite Interstate 95, où on nous a fait arrêter pour des travaux à cinq endroits. Je suis arrivé devant l’immeuble à 11 heures, fatigué, énervé et affamé. En rentrant du garage j’ai eu des mots (assez anodins à mon avis) avec le copain qui s’est pourtant fâché. La vie en couple ! C’est le stress du voyage — on part ce soir à 21 heures pour Paris d’où l’on continuera jusqu’à Helsinki (on a des billets Air France — je n’aime pas les DC-10 de la compagnie Finnair qui fait le trajet New-York – Helsinki sans escale.) C’est toujours pareil : on stresse avant de voyager. J’ai dû vérifier l’itinéraire, les passeports, les confirmations de chambre d’hôtel — le copain, lui, a fait sa valise ce matin en silence total. On s’est finalement échangé quelques politesses avant qu’il n’aille au bureau, c’est un premier signe de « dégel ».

J’emmène avec moi l’ordinateur mais je ne sais pas si je vais pouvoir me connecter ou publier depuis Helsinki — on verra ça sur place. Encore des courses de dernière minute à faire (chercher des euros, passer prendre le nettoyage à sec, faire ma valise à moi, etc) donc je m’arrête d’écrire un mot de plus.

Comments

J'ai vraiment apprécié ta photo du début de la course... Mmmm...

"La vie en couple." Peut être désagréable quand les deux parties n'essayent pas d'être plaisantes

T'inquiètes pas pour tes connexions à Helinski. Ca marche très bien en Finlande.

C'est ça que j'aime aux Etats-Unis, on peut être gros et dodu à la fois. En France on serait gros ou dodu, mais les deux à la fois ce serait de la démesure ;-)

Eh sale bete, c'est que tu donnerais presque envie d'ecrire un "journal" la ! C'est marrant ca, je viens de sortir du lit apres avoir lu les 10 premiers chapitres de "Vendredi ou la vie sauvage" et voila que lui aussi il ecrit son journal sur son ile... humm... Bon c'est decide, je commence aujourd'hui. Et Merci...

Merci à tous pour les commentaires et je m'excuse d'être si en retard pour y répondre. Oui, Laurent, dans toutes ces histoires de sport il y a quelquesfois des aspects disons agréables aux yeus. Pour la vie en couple, d'après mon expérience personnelle ce n'est pas toujours très facile à être plaisant 24 heures sur 24 — d'abord parce que j'ai moi-même un assez mauvais caractère. Helsinki, c'était très connecté (du moins je crois) mais je n'ai vu d'internet public qu'à Tallinn, en Estonie. Tout le monde est branché chez soi, peut-être. En ce qui concerne la taille des gens, c'est sûr qu'on est les gagneurs ici aux EU — gros, dodu et immonde à la fois! Pour Steph à Montréal, fais attention à ton emploi du temps avant de commencer un carnet — ça prend du temps et ça use — tu verras vite pourquoi tant de carnetiers laissent tomber après quelques mois. Mais bonne chance !