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Saint-Pétersbourg ou la ville mirage

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Le palais Stroganov à Saint-Pétersbourg

Je suis toujours surpris par combien Saint-Pétersbourg m’a impressionné — on y est allé, le copain et moi, le lundi après le marathon, par le train finlandais de 7h40. L’agente de voyages nous avait recommandé de prendre des billets de première classe, ce qui nous a valu des places dans une sorte de salon aux sièges confortables occupés, à part les nôtres et ceux de deux Américaines âgées de Chicago, par un groupe de Coréens en voyage organisé de la Scandinavie et des pays baltes. Le trajet a pris cinq heures, avec un décalage d’une heure entre Helsinki et Saint-Pétersbourg, donc on est arrivé à la gare de Finlande vers 14h45.

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Sur les quais de la gare à Helsinki

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Le panneau électronique

D’abord c’est frappant combien le paysage est différent des deux côtés de la frontière : la Finlande, c’est les États-Unis en (beaucoup) plus propre, plus moderne, plus rangé. La Russie, c’est (en grande partie) le délabrement et la décomposition — les rails sont rouillés, le béton des quais des gares de banlieue se désintègrent, on voit des wagons en bois abandonnés à côté. Le manque d’entretien devient de plus en plus évident en passant par la banlieue industrielle soviétique jusqu’à la fameuse gare de Finlande, qui se trouve dans un quartier qui n’a visiblement pas encore bénéficié des sommes d’argent importantes octroyées à la municipalité par le gouvernement national pour le nettoyage et la restauration de bâtiments.

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Vue d'une partie de la place Saint-Isaac de la fenêtre de notre chambre d'hôtel

Saint-Pétersbourg, c’est le Las Vegas du XVIIIe siècle. C’est une folie de grandeur qu’on a en quelque sorte réussie. L’idée est devenue ville qui est ensuite devenue une véritable ville d’importance. C’est l’urbanisme à coup de baguette magique (ou totalitaire, pour être plus juste) et c’est curieux combien il manque une base organique à tous ces palais et ces cathédrales immenses.

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L'église St-Nicolas-des-Marins

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Le clocher de St-Nicolas-des-Marins

Ce matin j’ai dû laisser la voiture chez le garagiste dans la 11e avenue à la 50e rue — quartier industriel et plutôt populaire, où j’ai passé, en route vers la station de métro de la 8e avenue et la 50e rue, une variété impressionnante de bâtiments : écoles des années 50, maisons des années 1900, quelques gratte-ciel des années 70 et 80, une église de 15 — toute une gamme d’édifices qui témoigne l’histoire et le développement du quartier au cours des années. Rien (ou bien peu) de ça à St-Pétersbourg, où tout paraît bâti d’un seul coup. Ce n’est pas vraiment désagréable, d’un certain côté, car les styles baroque et néo-classique ne sont pas laids, mais on a toutefois un peu l’impression de voir, comme l’a dit l’amie écrivain, « un décor de théâtre ».

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Le palais d'hiver vu de la Strelka

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L'église Saint-Sauveur-sur-le-Sang-versé (beau nom, n'est-ce pas ?), bâti sur le lieu de l'assassinat du tsar Alexandre II par son fils

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Un palais quelconque pétersbourgeois tout près de l'église St-Sauveur

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La cathédrale Saint-Isaac (et oui, j'ai des problèmes d'encadrement des images avec l'appareil nouveau — ce que je vois n'est pas ce qui sort !)

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L'Amirauté

On s’est bien amusé. L’hôtel était luxueux, on a loué une voiture avec un chauffeur et une guide qui s’appelait Elvira, étudiante en langues étrangères, et on a vite fait un tour de la ville, de la place St Isaac à la belle église Saint-Nicolas-des-Marins. On nous a conduit à la Strelka, la « Flèche » de l’île Basile avec la Bourse et les étranges « colonnes rostrales » qui, phares, donnent sur la partie la plus large du fleuve Néva.


Lundi soir on a mangé du caviar et bu de la vodka dans le restaurant de l’hôtel — cuisine superbe. Le mardi matin on s’est dirigé vers le musée Ermitage (à cinq minutes à pied de l’hôtel) avec un jeune guide sympathique au nom de Nicolas, diplômé en sciences économiques, qui nous a fait entrer dans le musée sans avoir à attendre dans les files énormes (groupes et individus) — je ne sais pas comment ça marche, mais c’était bon pour nous. Bien sûr on n’a pu voir qu’une partie de ce musée extraordinaire, mais une bonne partie — six tableaux de Poussin, que je n’ai vus qu’en reproduction photographique, de très beaux paysages de Le Lorrain, d’extraordinaires Rembrandt aussi. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans les salles des Impressionnistes, où l’on a pu circuler facilement — les Matisse et les Gauguin sont incroyables, mais tous ne sont pas en parfaite condition physique — il n’y avait pas de climatisation dans toutes les salles et j’ai vu des tableaux avec des châssis gauchis.

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La place du palais

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La façade sud du palais d'hiver

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Presque un « parc à thème » 18e siècle — une vue très typique à St-Pétersbourg

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Le canal d'hiver dans l'Ermitage, vers la Néva

Sortant du musée, on a marché le long du fleuve pour rejoindre, par le pont de la Trinité, l’île de Pétrograd et ensuite l’île aux Lièves, où se trouvent la forteresse Pierre-et-Paul ainsi que la cathédrale du même nom. C’est là où sont les dépouilles de tous les tsars russes, à l’exception d’un seul, qui a été enterré à Moscou. On y a même transféré les restes du dernier tsar Nicolas et sa femme Alexandre, tous les deux assassinés, avec la famille et les domestiques, à Yekaterinbourg.

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Vue de la forteresse Pierre-et-Paul

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Le clocher de la cathédrale Pierre-et-Paul

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La petite coupole

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L'entrée de la cathédrale Pierre-et-Paul

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Une partie de l'autel principal dans la cathédrale

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Le pavillon du bateau de Pierre le Grand

On voit ici et là quelques signes de restauration d’immeubles, surtout dans le quartier de Pétrograd. On nous a expliqué que les problèmes de propriété n’ont pas été tout à fait résolus — l’état reste de loin le plus grand propriétaire, mais cela change un petit peu.

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L'île Basile

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Restauration d'immeubles au long de la Néva

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Les deux colonnes rostrales sur la « Flèche » de l'île Basile

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Détail d'une des colonnes rostrales

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L'académie des sciences et le cabinet des curiosités (à droite)

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Le bâtiment des Douze Collèges à droite

Le copain m’a forcé d’aller voir le métro, heureusement, parce que c’est incroyable — des escaliers roulants qui semblent descendre jusqu’aux enfers ! Le double ou le triple de longueur de ceux dans le Tube à Londres, par exemple. A cause du sol marécageux, on nous a dit. La perspective Nevski est fascinante - on est allé dans la Maison du livre, bel exemplaire de l’Art Nouveau bâti par la compagnie Singer avant la Révolution.

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La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (détail)

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L'église arménienne, à quelques pas de la perspective Nevski

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Un bâtiment typique dans le quartier autour de la perspective Nevski

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Le palais Biélosselski-Biélozierski

Mardi soir on est allé au ballet au Théâtre Marie, vraiment très beau, où l’on a vu le New York City Ballet dans un programme très bien dansé (de longs applaudissements des spectateurs russes). Puis on a prix un taxi (350 roubles) au Grand Hôtel Europe où on a pris le menu de dégustation de caviar et de vodka — quatre sortes de caviar, six marques de vodka. Excellent.

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La Maison du livre avec l'église Saint-Sauveur au fond

Mercredi matin on rôdait sur les trottoirs de la perspective Nevski avant de reprendre le train pour Helsinki, d’où on est rentré à New-York (via Charles de Gaulle) jeudi matin.

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Le nouveau terminal E (je crois) à Charles de Gaulle. On y travaillait encore.

Quelques aspects « aimables » de la Finlande :

Le « Jugendstil » à la finlandaise

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L'entrée décorative du Lord Hotel à Helsinki

De belles statues publiques

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Ces gars-ci sont en forme, n'est-ce pas ? C'est bien ça, le bon travail physique.

De beaux jeunes hommes (comme celui-ci, désolé pour la mauvaise photo, mais il bougeait) qui se promènent torse nu

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Dommage qu'il fume

La robinetterie finlandaise

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Pratique et efficace !

Comments

Bonjour, et merci pour ces belles photos.
L'une d'elle "presqu'un parc à thème" me rappelle mes nombreux séjours passés à saint-Pét. puisque j'y vois la maison dans laquelle je vivais.
C'était sur la Fontainka.
Encore merci et bons voyages à toi !
nicole

Merci, Nicole, je suis content que les photos t'ont plu. Le prochain voyage, c'est d'aller à Londres, beaucoup moins exotique que St-Pétersbourg, hélas.