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Le dîner éclair

On a dû écourter notre dîner au resto (très touristique, mais bon, on y va une fois par an) d'un port voisin où l’on vous donne à manger des homards à la vapeur qu’on mange dehors sur des bancs en métal — on était sept en tout, trois couples et un enfant de cinq ou six ans, très intelligent et plein d’énergie, qui nous a éblouis tous avec sa technique perfectionnée pour faire remonter à la surface des poissons vraiment énormes, voire démesurés (un de nos compagnons, grand amateur de pêche, a dit que c’étaient des bars de mer) — il leur jetait des chips ! Mais l’orage prévu est finalement arrivé au moment où l’on dégustait les derniers morceaux de homard trempés dans le beurre — accompagné d’éclairs assez impressionnants. On s’est vite reparti en bateau pour notre petit port d’attache à 20 minutes à peu près de route maritime du restaurant. N’étant pas marin expérimenté (bien loin de là), je n’ai pas calculé le risque réel d’être en mer pendant les orages violents de fin d’été, comme on en a régulièrement ici sur la côte est de l’Amérique du nord, mais le capitaine, lui, avait l’air nerveux. Moi je tenais dans la main droite une bouteille à moitié vidée (ou pleine, selon les goûts) d’un sancerre rouge que j’adore, donc je me suis senti peut-être plus rassuré à cause de cela. On est arrivé dans le port avant l’orage, qui nous suivait bruyamment, et on a pu filer chez des amis où l’on a continué à boire, jusqu’au moment où le petit est descendu de sa chambre montrer son petit animal domestique, une couleuvre des blés, à la garde de sa classe à New-York et dont la famille avait consenti de s’occuper pendant les vacances d’été. Pour moi, quand les serpents arrivent dans le salon, c’est bien le signal de partir ! Ce que j’ai fait tout de suite. Le copain par contre, lui qui est plutôt indifférent aux ophidiens, est resté là à boire et bavarder.

Pour changer un peu de thème, c’est quand même ridicule d'essayer de suggérer que tout va bien actuellement en Irak, surtout après les attentats multiples de ce week-end. Un soldat danois tué près Basra — le Danemark, ça fait partie de la nouvelle Europe, n’est-ce pas ? Quelle chance pour les Danois, et pour leurs soldats. L’oléoduc en flammes et Bremer, ce petit prince nommé par Bush, qui se plaint que ce genre de sabotage va nuire à la remise en état de l’économie irakienne. Si le chaos continue, je parie qu’il ne restera pas longtemps dans son poste de satrape de Bagdad.