Bientôt il va falloir faire un choix
Voilà la conclusion époustouflante, applaudie du Congrès, du discours « vrai » (cest-à-dire énormément retravaillé) de létat de lUnion prononcé en février dernier par celui quon commence à désigner « Whistle Ass » ( « siffle-cul ? ») depuis la publication dune nécrologie dans létat de Wisconsin, à la fin de laquelle la famille de la défunte a ajouté « Memorials in her honor can be made to any organization working for the removal of President Bush » (des dons en sa mémoire pourront se faire à toute organisation qui cherche le renvoi du président Bush). Pour ceux qui entendent l'anglais à la texane et qui apprécient ce qu'on arrive à faire actuellement avec des clips vidéo, et qui ont une connexion haut débit.
Lexplosion aujourdhui en Irak devant la mosquée semble avoir tué environ 80 personnes, tous des Irakiens. Cela va de mal en pire. Certains carnetiers politiques américains commencent à se demander quel chemin devraient suivre les Etats-Unis maintenant. Quitter le pays ou rester là pour le réparer (dans le contexte du dicton boutiquier « You broke it, you own it » ( « vous le cassez, vous l'avez acheté ») quon trouve souvent sur les pancartes manuscrites dans les petites boutiques dantiquités. « Quitter le pays » voudrait dire seulement quon le remette officiellement à lONU, par exemple. Problème difficile et intéressant. Mais il ny aura, je crois, comme au Liban à lépoque Reagan, de véritables pressions politiques pour quitter lIrak que sil y aurait un attentat terrible comme celui du 13 octobre 1983 à Beyrouth, où 241 militaires américains sont morts (avec 88 Français) suite à lexplosion dune voiture piégée devant le siège des forces multinationales. Les troupes américaines sont parties du Liban en février 1984.
Le dîner dhier soir était un succès (au moins je crois.) Lamie écrivain nous a parlé dun article dans le New Yorker de cette semaine (l'article s'intitule « The Anti-Anti-Americans » du francophile Adam Gropnik et cela m'intéresserait de savoir comment un Français réagirait à quelques unes de ses conclusions sur la vie actuelle en France, ou plus correctement, à Paris) où lon parle de Bernard-Heni Lévy et de son nouveau livre sur le meurtre du journaliste Daniel Pearl. Mes connaissances de ce monsieur sont, je lavoue, assez limitées mais il me paraît surtout un personnage hypermédiatisé du genre « connu pour être connu » surtout après avoir lu cet article sur lui un tout petit peu méchant trouvé dans les pages de « The Guardian » (Londres).
A propos des foules éclair, jai limpression que Laurent a raison quand il écrit dans un commentaire à ce billet : « Les FlashMobs passeront vite aux oubliettes de l'histoire, à moins de prendre une dimension soit politique soit clairement artistique ». Cest ce que pensent également, semble-t-il, les gens hautement tendance de Gawker.com du phénomène qui a débuté à New-York, dans ce billet daté le 21 août 2003.
« On the Short Lifespan of Hip
Why, this party was over as soon as it began! Three emails signifying the demise of flash mobs from the Flashmobs Yahoo! Group:
Message 252 : "Flash Mobs seem to have 'dissappeared' as fast as they appeared! Are you guys finding this too?"
Message 253 : "Well, there hasn't been a New York one in a while, and the New York ones have pretty much driven the whole phenomenon [...]"
Message 254 : "Maybe they're just not getting a lot of media attention and that's why it seems as if they've 'disappeared.' Lots of people all over the world are still 'mobbing', planning, and organizing mobs. We [non New Yorkers] don't have to stop & wait for New York to do something..we have to get out there and do something bigger & better!! ;-) GO MOBS!!! (hahahaa! I hope I sounded like a coach, that's kinda what I was going for at thee end LOL)"
Yahoo! Groups: Flashmobs [Yahoo!] »
Comments
au sujet des 'flash mobs', ne sont-elles pas nées comme acte politique ? un article publié le 14 août sur plastic.com - ca reste un blog, ca vaut ce que ca vaut - affirme qu'elles auraient été organisées à l'origine par des activistes gay ("As with most things hip, this idea originated with those fun-loving pranksters, gay activists, who would organise large gay swarms to invade hapless straight bars." - une image qui, je dois avouer, me fait beaucoup sourir !).
Posted by: alexandre | août 30, 2003 09:09 PM
Concernant l'article d'Adam Gropnik, voici mon avis de parisien :-). Il est très intéressant et il invite à la réflexion sur pas mal de points. Mon seul vrai regret est qu'il est -- comparativement au reste de son contenu -- dangereusement superficiel sur le conflit des intermittents du spectacle. On en ressort avec ces clichés habituels ("ridiculously generous unemployment-insurance deal which (...) lets them work for about three months to collect a year’s worth of unemployment insurance.") C'est un raccourci fallacieux puisque si la couverture sociale est effectivement longue, elle est plus basse que le salaire de base, qui n'est en général pas bien élevé. Et en caractérisant le côté corporatiste, il oublie le problème essentiel qui a conduit à la faillite de ce système, c'est son détournement par l'industrie du spectacle et l'Etat lui-même ! Les patrons ont vite compris qu'ils pouvaient faire 25% d'économie en charges sociales grâce à ce statut et ils ne s'en sont pas privés. Comment, sinon, expliquer que la standardiste (pardon, l'hôtesse d'accueil) à TF1 et France Télévision soit considérée comme intermittente du spectacle (et ce faisant, licenciée tous les trois mois puis réembauchée à la fin de sa période de couverture sociale). Comment expliquer que les communes et l'Etat ont peu à peu forcé les compagnies de spectacles à s'établir en associations ou entreprises employant des salariés sous ce statut pour les payer sous forme de factures (hors TVA) au lieu de subventions comme c'était la tradition jusque là ? Les responsabilités sont donc à chercher au niveau de ceux qui ont vraiment le pouvoir d'influencer, d'abuser et de profiter du système, c'est-à-dire le haut de la chaîne alimentaire.
Je recommande vivement la lecture du livre d'Emmanuel Todd, Après l'Empire. J'aimerais beaucoup savoir s'il a été traduit en anglais, parce que c'est un livre qui devrait être lu aux U.S. Ca me fait plaisir de le voir cité dans cet article.
Une autre petite inexactitude qu'on pardonnera, c'est que le maire de Paris n'est pas "vert". Il est socialiste. Il y a des verts au conseil de Paris qui font partie de la majorité, mais ça ne fait pas de Delanoë un écolo.
Désolé pour la râlerie -- il faut bien que je justifie mon côté français après tout :-). C'est un très bon article, merci pour le lien !
Posted by: François | août 31, 2003 08:26 AM
Alexandre, merci de ton message. Je me souviens de ces « actions » organisées par un groupuscule de militants gays et lesbiens qui s’appelait « Queer Nation » (c’était à l’époque où les jeunes homosexuel(le)s se sont appropriés les injures les plus blessantes pour les retourner à des qualités à en être fier). « Queer Nation » se réunissait toutes les semaines dans la grande salle de réunion au rez-de-chaussée du Centre lesbien et gay de la 13e rue — il y aurait peut-être une trentaine de personnes qui assisteraient à ces réunions drôles et désorganisées. On voulait surtout choquer et outrager les hétéros d’une façon marrante — c’est là où se sont inspirés les premiers « kiss-ins » dans les bars, un genre, si tu veux, de foule éclair. On choisirait un endroit pendant la réunion régulière de Queer Nation et puis on se donnerait une heure de rendez-vous pendant les heures de pointe, disons de 17h30 à 18h30. Ensuite, à une heure prédéterminée, on commencerait à embrasser son ou sa partenaire. Avec une vingtaine de couples homos, ça faisait assez d’effet. Il y aurait en général quelques hurlements d’horreur, le plus souvent des filles, quelques rires nerveux, et puis tout le monde continuerait à boire et à draguer. On s’amusait aussi à faire offrir par les barmen des verres à des beaux mecs en costume (petits courtiers italo-américains (miam) de Queens, par exemple) ou à des filles en tailleur — tous ces gens qui travaillent à Wall Street et qui fréquentent les bars du South Street Seaport. On en a fait de même au White Horse Tavern dans le West Village qui était (et reste toujours) un bar fréquenté par des étudiants typiquement hétéros, version américaine. Finalement, on a laissé tomber ce genre de protestation alcoolisée parce qu’il y avait pas mal de gens qui le trouvaient trop cher. Je remarque donc deux différences essentielles des deux formes d’activité — celle des homos était payante et politique, celle des foules éclair est gratuite et spécifiquement sans but à part le plaisir de l’expérience. Effectivement la foule éclair ressemblerait plus aux happenings hippys des années 60 et en dépit de mon désir de revendiquer la totalité des idées originales pour mes camarades gai(e)s je ne suis pas d’accord avec l’auteur de l’article trouvé chez plastic.com sur l’origine de ce genre de divertissement.
Posted by: Édouard | septembre 2, 2003 03:25 PM
Merci François pour la critique de l’article d’Adam Gropnik dans le New Yorker de cette semaine. Je n’ai pas suivi de près les revendications des intermittents du spectacle et tout comme M. Gropnik je n’ai pas très bien compris de quoi il s’agissait en effet. Je te remercie d’avoir expliqué tout ça en termes clairs et concrets.
A propos du livre de M. Todd, oui, il a été traduit (par un certain C. John Delogu) et paraîtra, publié par Columbia University Press ( http://www.columbia.edu/cu/cup/catalog/data/023113/023113102X.HTM ), dans les librairies américaines en novembre de cette année.
J’ai moi-même remarqué la petite faute sur Delanoë — ici il passerait pour un « vert » (et pour plein d’autres choses aussi !) ainsi qu'un sacré « liberal ».
Posted by: Édouard | septembre 2, 2003 03:52 PM