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La vie villageoise

Il fait gris, frais, humide. Le copain s’est endormi sur le canapé du salon, Betty dort sur le fauteuil club en cuir marron. On n’entend que les cris des goélands debout sur le toit de la maison devant la nôtre. Les enfants de l’amie écrivain ont annulé le tour en voilier pour un temps meilleur donc on n’a plus aucunes obligations mondaines. Voilà une bonne fête du travail, où l’on ne fait absolument rien !

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C'est bien, n'est-ce pas, de passer sa journée à surfer le Net (non, malheureusement, c'est pas moi dans la photo)

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Les bateaux s'assemblent au début de course

Hier, au contraire, on était plutôt occupé : le matin le copain a couru une distance de plus de 24 km avec un ami très en forme (pas moi) et ensuite à midi il s’est rendu au yacht-club local qui présentait une régate toutes classes de fin de saison. L’équipage du voilier de course se composait de trois personnes : deux hommes, une femme (propriétaire du bateau). Il y avait au total 32 bateaux qui y ont participé et le copain et les amis sont arrivés en deuxième position (les routés étaient un peu truquées et l'ancien chef de la régate (il en avait organisé les 20 précédentes) est arrivé le premier) — ils ont reçu une sorte de mug à café assez débile, mais bon, c’était quand même quelque chose. Eux, ils en étaient très contents, surtout parce qu’ils sont arrivés en 20e position l’année dernière.

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Un beau bateau (avec un gros con de droite à la barre qui n'est arrivé qu'en 20e position)

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Le copain se trouve dans le bateau du milieu

Moi je suis passé dire bonjour à des gens qui participaient dans la fête portugaise dit « du Saint Esprit » où on offre à tout venant un bol de soupe à la mémoire d'une reine de Portugal qui au Moyen-Âge avait vendu ses bijoux pour payer la nourriture pour son peuple affamé — c'est une tradition venue des habitants des îles Açores qui ont travaillé comme marins sur les baleiniers venus de la Nouvelle-Angleterre. (Mais je suis aussi allé suivre la régate dans un bateau à moteur.)

Plus tard on est passé chez l’amie écrivain pour voir son fils et sa femme venus de Washington et de là on a continué notre petite tournée villageoise chez une Anglaise, où il y avait une trentaine de personnes qu’on connaissait presque toutes. De très bonnes choses à manger, de la vodka pour moi, du gin pour le copain, une femme folle et saoule qui me parlait de la Nouvelle-Orléans (« je n’osais pas m’y installer, j’aurais été tout à fait perdue, j’avais besoin de la rigueur de la Nouvelle-Angleterre » etc). On est allé manger dans un restaurant où l’on connaît la barmaid et le serveur (tous les deux très sympas et très beaux). On est rentré chez nous pas trop tard et après quelques minutes de télé, le copain s’était profondément endormi.