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Attention ! On vous regarde (mais pas de très près)

Ça fait très — peut-être trop ? — calme ici — pas trop chaud, ni trop frais, un ciel couvert, on n’entend pas de sons de travaux routiers. Se passe-t-il quelque chose dont je ne suis pas au courant ? New-York s'endort ? Je me demande.

C’est M. Poutine qui a ouvert la séance de la Bourse d'hier ; il part aujourd'hui pour le Camp David où Bush essayera de le convaincre d’envoyer des troupes en Irak. Mais ce Poutine, il est plus malin que ça, je crois. À suivre.

L’amie marchande de tableaux vient de me téléphoner pour me raconter une histoire extraordinaire — elle avait été sommée à paraître devant un comptable fonctionnaire du fameux et terrifiant Internal Revenue Service qui lui avait demandé de subir une vérification de comptes d’impôts personnels — c’est bien le cauchemar de tous les consultants indépendants et tous ceux qui travaillent à la pige. En plus, l’amie marchande de tableaux avait été l’exécutrice testamentaire de sa grand-mère, décédée il y a un an, donc il y avait plein de documents compliqués sur l’héritage dans ses dossiers fiscaux. Accompagnée de son comptable, elle s’est donc rendue à la réunion pour entamer l’investigation obligatoire. Tout le monde assis dans le petit bureau, la fonctionnaire du Fisc sort une feuille d’un dossier et la remet à l'amie marchande de tableaux en lui disant, « Est-ce que vous reconnaissez aucun de ces noms-là ? » L’amie les regarde — ce sont tous des noms qui ont l’air plus ou moins arabe — et elle répond que non, elle ne connaît aucun de ces gens. La fonctionnaire est — quelle surprise ! — assez sympa et lui explique que quelqu’un avait utilisé son numéro de Sécurité sociale pour ouvrir un compte en banque à Salisbury, dans l’état de Maryland. On y avait fait des versements en liquide de sommes assez importantes, c’est pour ça qu’on avait « coché » sa déclaration d’impôts, qui portait bien sûr le même numéro d’identification. Mais il est interdit au IRS de donner des renseignements supplémentaires sur les transactions financières, même douteuses, et l’amie marchande de tableaux, déjà grande paranoïaque (c’est ici dans l’histoire où j’ai bien commencé à rigoler) a dû ensuite déposer des plaintes officielles au commissariat de police du quartier ainsi que chez le bureau local du FBI en Maryland et chez d’autres bureaucraties ineptes à New-York et ailleurs. La plupart de ces « serviteurs publics » lui disent que ça ne leur regarde pas. Quand elle demande à savoir des noms des fonctionnaires avec lesquels elle parle, eux, ils lui répondent seulement : « L’officier de service » en refusant de lui donner leurs noms de famille. Ah c’est parfait — comme si avec ce niveau d’intelligence et d’attention qu’on va pouvoir empêcher à quelques terroristes à peine plus organisés de nous tomber dessus. Finalement, folle de frustration, elle a téléphoné au département de la justice, où elle a retrouvé un type qui lui a semblé bien et un peu éveillé. On se marrait en disant qu’on allait la jeter tout au fond de « Gitmo » — une expression d’argot militaire pour la base de la baie de Guantánamo — avec les autres étrangers hostiles à la suprématie américaine ordonnée par le Tout-Puissant judéo-chrétien. Et même si elle n’est pas, l'amie marchande de tableaux, strictement étrangère, on la sait incontestablement hostile à la politique du Grand Führer, donc elle mériterait bien quelques mois au moins de prison ferme. Il n'est pas permis de douter de l'excellence de tous ceux qui travaillent dans le département de la sécurité de la patrie. Pfff.

Comments

La pauvre, y'a de quoi devenir parano avec ce genre de mésaventure :)