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A propos de, euh, rien

J’ai tenu bon : je n’ai pas bu une goutte chez l’amie écrivain malgré le fait que je m’ennuyais à mourir — je me suis bien rappelé alors combien l’alcool sert de moyen à supporter de longs moments d’ennui. On était tous des amis, il y avait pourtant quelque chose d’inhibé, de retenu dans les conversations, qui manquaient donc d’intérêt véritable. La cuisine était bonne — un potage à l’oseille de son jardin pour commencer, du porc rôti, des légumes, une salade de frisée et une compote de rhubarbe comme dessert, la frisée et la rhubarbe venant aussi de son jardin.

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La table dressée chez l'amie écrivain

Dimanche matin il pleuvait. Le copain est parti courir tandis que je suis allé m’exercer dans la salle de muscu du coin. De retour à la maison, la pluie cessée, on est allé tous les deux avec Betty la chienne à l’inauguration d’une nouvelle réserve naturelle de 25,5 ha dont le copain avait donné un peu d’argent pour l’établissement (il est trop bon, n’est-ce pas ?) C’était assez sympa et après quelques mots de remerciements de la part de la directrice de l’organisation on a fait avec Betty et une ancienne directrice d’école pour filles de New-York une courte promenade (bien boueuse) dans la petite forêt maintenant protégée.

A cinq heures je suis allé avec des amis à une représentation de Così Fan Tutte, chanté en anglais par une compagnie locale — je ne m’attendais pas à grand-chose mais c’était vraiment pas mal, surtout pour une petite compagnie qui ne donne qu’une représentation par an — ils « importent » les chanteurs pour les rôles principaux et ceux-là sont des professionnels de l’opéra régional ou quelquefois de l’Opéra de la ville de New-York. Le théâtre est une petite église convertie en salle de spectacle à l’acoustique admirable. C’était une surprise et un plaisir.

Aujourd’hui j’ai couru (oui, oui, j’ai attrapé un peu la maladie) pendant 45 minutes — très lentement, donc pas très loin. Mais bon, c’est un début. A midi on est allé chercher l’amie écrivain pour l’emmener à un « cocktail » donné à la mémoire d’un type mort il y a une semaine à l’âge de 95. C’était un des pédés historiques du village, un artiste avec un sacré caractère, en fin de compte assez désagréable, qui croyait qu’on le trouvait hétéro en dépit du manque de femme et de la présence pendant 48 ans d’un « petit ami » anglais avec qui il a vécu. Quand même. Quelqu’un a lu un beau passage du bhagavad-gita sur la mort et puis d’autres ont offert quelques souvenirs du défunt, le tout sous un ciel bleu extraordinaire. Il y avait beaucoup à manger et à boire, mais on n’est pas resté longtemps.

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L'automne commence pour de vrai

L’entrepreneur général de bâtiment vient nous voir cet après-midi pour nous apporter le devis pour la restauration de notre hutte pourrie — ça va être la crise d’argent ! Mais il faut le faire.

J’ai appris aujourd’hui deux petites nouvelles économiques un peu inquiétantes (pour nous Américains) : dans la première, il s’agit d’une décision prise par la Russie de fixer le prix de son pétrole en euros — un changement qui ne fera certainement pas la joie à M. Bush ou à son secrétaire à la finance, je crois. Dans la seconde, j’ai lu que, malgré la hausse récente de valeurs boursières, les initiés ne semblent pas portés à acheter les valeurs de leurs propres sociétés. Au lieu d’acheter leurs valeurs, ils en vendent, à un taux assez remarquable. Pourquoi ?