Le mauvais goût
Irrité par la « victoire » gagnée par Bush et ses acolytes à lONU hier, jai oublié de dire combien notre visite au cabaret était pénible lartiste, un blond avec un embonpoint un tout petit peu trop bourgeois pour quelquun qui prétendrait chanter les blues, nous a divertis pendant une heure et demie avec des chansons originales, des chansons interprétées originalement par Nina Simone, des chansons pas originales un peu country (il a joué au banjo électrique). Il faisait en chantant et en jouant à la guitare des grimaces pleine dune douleur exagérée. On a applaudi poliment les solos et les riffs qui navaient pourtant rien de spécial. Mais bon, je reconnais quil faut du courage pour se mettre devant des spectateurs à chanter et à jouer aux instruments. Et en plus il avait du talent sa voix était agréable et il na jamais chanté faux mais il était bien trop maniéré dans sa présentation. On sest sauvé après quelques félicitations obligatoires pour dîner au restaurant Joe Allen (loriginal), à deux pas du cabaret. Là jai pris une salade de poulet (toujours pas dalcool, cest sain mais cest aussi très très ennuyeux) et jai dit bonjour à quelques acteurs pas très célèbres de ma connaissance qui dînaient là.
On sest quitté, moi et le copain et les amis qui nous avaient invités au cabaret et qui rentraient à pied à leur appartement dans le Central Park South, vers 22h30. Le copain et moi, nous sommes allés à la 42e rue pour prendre le métro à la 7e avenue en allant à la station on sest arrêté à un grand kiosque à journaux où jai acheté le dernier numéro dElle à table et de Demeures et Châteaux. Ouais, ouais, je sais, cest tout ce quil y a de plus déplorable dans un goût de pédé bourgeois très suspect mais jai des amis parisiens qui fournissent des articles de table au magazine culinaire et cela me fait plaisir de voir le nom de leur boutique dans la rubrique « Nos Adresses ». Pour lautre, cest un plaisir quasi-interdit (c'est bien moi qui me l'interdis très SM des deux côtés, n'est-ce pas?) de contempler les photos en couleur dune « superbe propriété du début du XVIIIe siècle » en Normandie et de rêver de la vie qu'on pourrait y mener de toute façon, on va le mettre sur la table de chevet dans la chambre damis à la campagne. La belle-mère du copain le dévorera (ses parents sont en Angleterre en ce moment, à visiter de belles demeures georgiennes dans la campagne autour de Londres.)