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La visite d'état (en cachette)

C'est bien décevant pour la Maison Blanche, mais il n’y aura pas de défilé triomphal pour M. Bush lors de sa première visite d’état à Londres en novembre prochain. Les autorités britanniques ont trouvé les risques de protestations massives trop grands pour permettre à l’imposteur et Sa Majesté la Reine le plaisir d’une procession officielle (dans le superbe carrosse doré ou dans une jolie Rolls Royce, je ne sais pas) dans le Mall du palais de Buckingham jusqu’à la résidence du premier ministre au numéro 10, Downing Street. Bush fera le trajet en hélicoptère. Nos alliés britanniques ne lui ont pas offert non plus l’honneur de faire un discours devant le Parlement, craignant un boycott de la part d’un nombre considérable de parlementaires.

La démission du président bolivien, M. Gonzalo Sanchez de Lozada, en faveur de son vice-président Carlos Mesa, n’a pas fait la une du « Times » d’aujourd’hui et j’ai l’impression que la plupart des Américains ne savent pas du tout de quoi il s’agit — c’est trop loin et l’Amérique du sud, c’est toujours la pagaille. Ce qui m’a surtout frappé dans cette histoire, que je ne me vanterai pas non plus de comprendre comme il faudrait, c’était la question du pétrole et du gaz naturel boliviens dont les champs ont été saisis en septembre dernier par les protestataires indiens. Les réserves boliviennes de gaz naturel viennent en deuxième position en importance dans toute l’Amérique latine, après le Vénézuela — un autre pays avec lequel les États-Unis ont eu des ennuis politiques récents et qui est aussi grand fournisseur de pétrole et de gaz aux É-U. Voilà une raison, dit-on, qu’il devient de plus en plus important de tenir sous la main le pétrole irakien. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est fascinant. En plus, après avoir démissionné, le président bolivien est parti pour les États-Unis, où il vivra, je le vois déjà, dans une grande résidence à Coral-Gables (une banlieue chic du Grand Miami) tout en complotant son retour victorieux (éventuellement assisté peut-être par ses bons amis à la CIA) au pays natal.

Comments

La politique étrangère américaine, c'est toujours et encore la même stratégie... Et je ne vous jette pas la pierre, on ne fait guère mieux en Afrique !

Je ne suis pas sur que nous (France) ayons une stratégie en Afrique, enfin peut-être pour les régions pétrôlifères, mais pour reste... :o)
Je pense que tes analyses sont justes Edouard. Il est urgent de songer à la transition énergétique post-pétrôle, car il n'en reste pas pour plus de 50 ans avec le niveau de consommation actuel. (Peut-être quelques années supplémentaires si les Russes sont aidés à exploiter les ressources difficiles d'accès [et donc coûteuses]). alors quand on voit les tensions que la course au pétrôle génère en 2000 on n'imagine pas celles du futur...

Errata:
ligne 1: lire ...mais pour LE reste...
ligne 7: lire Alors...
Désolé ;)

Dans la série des trucs faits en cachette, est-ce qu'on parle beaucoup de la remise du prix George Bush 2003 à... Kennedy ?

O, je n'ai pas entendu mot de cette remise de prix pour le moins curieuse dans la presse nationale, mais j'ai découvert la nouvelle chez quelques carnetiers politiques américains comme Suburban Guerilla (http://suburbanguerrilla.blogspot.com/) qui en ont parlé. Je trouve que très souvent ça prend du temps à de telles informations « surprenantes » à se faire voir dans les média nationaux — tout comme l'affaire Plame qui a pris feu dans les carnets plusieurs jours avant de paraître sur la scène des chaînes nationales comme ABC.

Voir ici, j'ai mis un lien sur un article du Boston Globe à ce sujet.

Merci, O, pour l'article du Globe. Puisqu'il s'agit d'un Kennedy et le sénateur de l'état, c'est normal qu'ils en parleraient. Mais je n'ai pas lu ou entendu grand-chose sur ce "prix" ailleurs.