L'invisible, peut-on le combattre ?
Cest lamentablement prévisible, la mentalité chez certains politiciens disons zélés, aucunement pour la vérité mais seulement pour la réussite de leur programme politique, coûte que coûte. Je suis passé ce matin faire un tour au site de la BBC où jai trouvé cet article sur la parution en Allemagne dune collection de photographies de victimes des bombardements alliés des villes allemandes pendant la Deuxième Guerre Mondiale. On a cité lauteur de ce livre, lhistorien Jörg Friedrich, qui a expliqué que Goebbels avait « interdit ces photos de nos victimes de paraître dans les journaux allemands. »
Cette remarque ma rappelé (malheureusement) linterdiction récente par ladministration Bush de permettre aux journalistes de photographier ou de filmer larrivée à la base aérienne de Ramstein en Allemagne ou à celle de Dover, dans le Delaware, de cercueils de soldats morts en Irak. Les faucons de la Maison Blanche seraient-ils en fait des curs sensibles ? Hélas, non. Voici une phrase révélatrice tirée de cet article : « The Pentagon has previously acknowledged the effect on public opinion of the grim tableau of caskets being carried from transport planes to hangars or hearses. » Donc, le plus important, cest de ne pas laisser les gens voir à la télé ou dans les unes des journaux la vérité qui pourrait embarrasser les Bushistes.
Les habitués du gymnase à New-York sont assez différents de ceux de la campagne. Voici un petit exemple de cette différence. Ce matin à New-York jai vu un type qui faisait ses exercices avec un livre de poche, quil reprenait pendant les pauses entre séries pour le lire attentivement. Quest-ce quil lisait ? Jai fait un effort discret de lire la couverture du bouquin sans vouloir, bien sûr, sembler draguer le lecteur (jeune hétéro, au moins je le crois, pas mal, mince, genre coureur intense) cétait « Too Far to Go » de John Updike, un recueil de nouvelles apparentées que je nai jamais lu. A la campagne, par contre, on parle motos et pièces de rechange pour voitures. Et on ne lit mais jamais jamais !