« Quand les bêtes souffrent | Main | La bruyante rousse »

Ne criez pas, s'il vous plaît.

Ce n’est pas facile, la sobriété, et ce qui est pire, ce n’est pas très convivial — vérité confirmée hier soir quand nous sommes allés, le copain, l’amie marchande de tableaux, et moi, d’abord au vernissage à la Galerie Richard Feigen dans la 69e est, ensuite au restaurant Nello dans l’avenue Madison.

Le vernissage était pour une exposition d’une vingtaine d’assemblages en boîtes de l’artiste Joseph Cornell qui viennent du Robert Lehrman Art Trust. Je me demandais en effet d’où venaient ces œuvres puisque la succession Cornell est dans les mais de la galerie Pace Wildenstein — c’est l’amie marchande qui me l’a expliqué, en notant que l’exposition fera vendre le livre sur Cornell écrit par M. Lehrman ainsi que hausser la valeur des œuvres collectionnées. En plus, M. Lehrman, grand collectionneur d’art, a probablement fait les affaires avec le galeriste Feigen, qui lui rend alors quelque chose en faisant cette expo. C’est bien comme ça que ça marche. En l’occurrence j’y ai croisé quelques connaissances avec qui j’ai bavardé sur des riens.

Ensuite on est allé dîner au restaurant italien Nello, dans l’avenue Madison juste devant le magasin Hermès — c’était la première fois pour moi d’y entrer — moi je préfère dans ce quartier le restaurant La Goulue, situé à à peu près deux blocs plus au nord, mais bon, on était invité et on n'allait pas se plaindre. Mais j’ai eu des doutes quand le jeune Italien en complet gris m’a tout de suite demandé qu’est-ce que je voulais comme vin ? « Mais je n’ai pas encore vu la carte, » lui ai-je répondu un peu surpris. Ça avait l'air de l'ennuyer. L’amie marchande voulait boire — elle a commandé un vodka martini (avec de la Ketel One spécifié) et le copain un gin tonic. Rien que de l’eau gazeuse pour moi. Le type revient à la table insister encore pour le vin, mais je souris et l’ignore. De plus en plus de gens arrivent, ils ont plutôt l’air de faire partie de la mafia — des types en manteaux de cuirs, d’autres en cols roulés tout noirs, un peu sinistres à la Sopranos, les jeunes femmes trop blondes, trop maquillées, aux yeux avides de trouver quelqu’un qui leur payerait la vie qu’elles cherchent. La cuisine n’était pas mal, en fait, mais horriblement trop chère, $22 pour une entrée (très bonne) de carpaccio aux artichauts et cœurs de palmier et $39 pour le plat principal (très bon aussi) de filet de vivaneau à la sauce tomate aux olives. L’amie et le copain ont continué à boire — l’amie marchande parle de théories d’énergie cosmique et de karma quand elle est saoule. Le copain, lui, parle trop fort quand il est bourré — pourtant tout le monde criait dans le restaurant, c’était assourdissant dans la salle. Après les desserts, que j’ai refusés — je n’étais pas, je l’avoue, de très bonne compagnie ce soir — j’étais bien content de partir et de trouver un taxi dans la 5e avenue pour renter chez nous au Village. Une pluie fine crachait. On a sorti la pauve Betty, qui déteste la pluie.

Heureusement elle va un peu mieux aujourd'hui mais j’ai tout de même pris rendez-vous avec un vétérinaire dont la clinique n’est pas loin de chez nous et qui avait été recommandé par une voisine de quartier très attachée aux chiens. On y va le vendredi matin — il n’est pas là le jeudi — et il lui fera un examen complet.

Comments

Ben, ... le vin alors, vous avez commandé quoi ?

Mais rien — l'amie marchande a pris quelques verres de sancerre et le copain a choisi un barolo. On m'a finalement laissé tranquille avec une grande bouteille de San Pellegrino.

sancerre et barolo, bonheur ! avec un peu de chance, ce sera ce soir ... la sanP, ce sera demain midi :)
bon week end !