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On n'a plus honte de rien

Les coups d’humeur des troupes américaines à Tikrit provoqués par l’attaque sur l’hélicoptère Black Hawk qui a fait 6 morts ressemblent surtout aux stratégies israéliennes dans les zones occupées contre les militants palestiniens — et j’ai bien l’impression qu’ils en mériteront de résultats pareils, c’est-à-dire une hostilité accrue d’une partie importante (majoritaire ?) de la population de la ville, d’où naîtront inévitablement d’autres attentats meurtriers contre les forces de l’occupation. Le cercle vicieux classique.

Les nouvelles d’ici sont moins sanglantes mais aussi décevantes : le chef des républicains Bill Frist a hier annulé (via Billmon) toutes les séances futures du comité qui est en train d'examiner l’emploi correct ou abusif de l’intelligence avant l’invasion de l’Irak, suite à la découverte d’un mémorandum d’un assistant démocrate dans lequel on a proposé de faire remarquer les limitations de l’enquête imposées par les républicains et de démasquer les hauts responsables de l’administration qui ont « plaidoyé pour une guerre préemptive unilatérale. » Les républicains ne veulent bien sûr rien de ça, donc le travail du comité, c’est déclaré fini. On verra pourtant ce que ça donnera.

Ce soir on passera à la télévision la triste et fausse histoire de Jessica Lynch, « sauvée » d’un hôpital irakien par nos braves soldats (accompagnés — par simple hasard, bien sûr — de cameramen militaires qui ont heureusement pu filmer l’événement pour pouvoir le montrer au public). La Lynch elle-même se demande pourquoi on a dû faire un film sur ce qui lui est arrivé.

Notre dîner d’hier soir s’est bien passé — l’amie écrivain était en forme, la poule au pot mangeable, le vin buvable. Le copain et moi, une fois nos hôtes rentrés chez eux (on a conduit l’amie écrivain chez elle), nous sommes allés prendre un dernier coup de rouge au bar d’un des restos du village. Il faisait assez froid et il n’y avait que très peu de monde à cette heure-là. On a bavardé avec le jeune barman Brian, membre junior du petit clan gay du coin, et la fille de la propriétaire, avant de rentrer chez nous, pas trop tard. Cet après-midi on va à une représentation d’une vieille comédie montée par une troupe tout ce qu’il y a de plus locale — le théâtre amateur par excellence. On n’a payé que $8 le billet, donc ce n’est pas trop grave si c’est minable comme effort et comme on connaît un peu quelques-uns des comédiens, cela devrait être au moins divertissant du point de vue « spectacle gênant qui arrive aux autres. »

Comments

Bien vu quand tu dis que :
> "Le coup d’humeur des troupes américaines ressemblent surtout aux stratégies israéliennes dans les zones occupées contre les militants palestiniens".

Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse.