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Les comédies ici et ailleurs

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La 42e rue près de la 7e avenue vers l'ouest

On est allé voir la comédie musicale Taboo ! hier soir — c’était intéressant de constater comment et combien on avait changé la pièce qu’on a vue à Londres en février dernier. Eh ben, on l’a drôlement modifié : d’abord, l’acteur et écrivain de théâtre culte Charles Busch, connu pour ses rôles travestis, a retravaillé le livret. Quelques personnages ont disparu. L’ordre des chansons et des numéros a changé aussi. Le théâtre Plymouth (où je suis tombé entièrement sous le charme de Nicholas Nickleby (durée : 8 heures et demi) joué par le Royal Shakespeare Company avec Roger Rees et David Threlfall, tous les deux extraordinaires, et mis en scène par Trevor Nunn) est à la fois plus grand et plus traditionnel que celui dans lequel on avait monté la pièce à Londres. La pièce est devenue par là plus « Broadway » vis-à-vis des spectateurs, tous rangés classiquement devant la scène. Les costumes dans cette production sont plus somptueux, mais manquent un peu d’originalité comique. Les acteurs chantent et dansent bien — mais dans la liste des chansons il figure, à mon avis, trop de ballades aux tonalités similaires Le type qui joue Boy George en jeune est excellent (il vient de Londres) ainsi que l’acteur qui joue le féroce Marilyn. Boy George — George O’Dowd — joue la célébrité des nuits londoniennes Leigh Bowery avec une légère distance. C’est un peu long. C’est un peu confus (par exemple, pourquoi veut-on qu’on se soucie spécialement du sort de Bowery, génie truculent et pourtant énormément difficile et égoïste ?). Cela m’a plus d’y avoir assisté, mais je suis très content de ne pas y avoir investi un sou — je ne m’attends pas à ce que Taboo ! devienne un succès fou (ou lucratif).

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L'entrée du restaurant Joe Allen dans la 46e rue

Dans les carnets américains politiques que je parcours on parle beaucoup de la visite de Bush en Angleterre la semaine prochaine. Le Service secret américain voudrait bloquer tout le centre de Londres contre les marches de protestation qu’on est en train d’organiser là-bas. (On dit aussi que c’est un essai pour la convention républicaine en août 2004 ici à New-York.) Le maire de Londres Ken « le rouge » Livingstone a déjà fait un discours devant les centaines de milliers de protestataires anti-guerres en février 2002, donc on suppose qu’il serait peu disposé à agréer les « recommandations » du premier ministre Blair (qui d’ailleurs l’a fait expulser du parti travailliste) en faveur du confort sécuritaire et psychique (Bush n’aime pas voir les protestations du tout du tout) du visiteur impérial. Il est amusant de noter aussi que Bush n’ira pas devant le Parlement tellement on a peur d’une manifestation impolie de la part des parlementaires. Il va à Londres à l’invitation de la Reine Elisabeth, ce qui a donné des gros titres un peu gros comme celui-ci, plein de sous-entendus de « mauvais ton » sur les difficultés récentes de la famille Windsor: CHARLES LOVES COCK (AND THE QUEEN LOVES BUSH). Voici quelques site anglais qui préparent la visite de M. Bush chez les Rosbifs:

www.bloggerheads.com/

www.resistbush.org

www.stopwar.org.uk/

Un ami du copain est venu d’Albany, au nord de l’état (la capitale de l’état de New-York est Albany, une ville à 2h30 d’autoroute au nord de New-York), où il travaille comme fonctionnaire d’état en criminologie — oui, c’est presqu’un flic ! Le 11 novembre étant un jour férié pour les fonctionnaires, il est descendu à New-York avec un nouveau copain qu’il a voulu nous faire connaître. On est allé déjeuner ensemble. Le type, avec de beaux yeux bleu pâle, bien bâti, s’appelle B et c’est un pornographe — il écrit des romans pornographiques sous un nom de plume, R J March. Il habite seul dans un joli petit village à 30 minutes d’Albany où il n’y a aucune vie gay et où il écrit et travaille comme garçon dans un restaurant d’hôtel. Moi j’ai trouvé ça très, très bien.

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Quelques statues insolites en bronze du sculpteur Tom Otterness qui se trouvent éparpillées un peu partout dans la station de métro de la 14e rue et la 8e avenue à Manhattan.

Finalement, le financier américain d’origine hongroise George Soros a annoncé dans cet article publié hier dans le Washington Post que « [Defeating President Bush] is the central focus of my life. » Un peu plus loin on lit : « America, under Bush, is a danger to the world, » Soros said. Then he smiled: « And I'm willing to put my money where my mouth is. » En effet, il s’est engagé à verser $5 millions à l’organisation MoveOn.org, association « libérale [ndlr. sens spécifiquement américain du mot] et militante » qui cherche le renvoi de Bush de la Maison blanche. Il s’est trouvé soutenu dans cet effort par un autre milliardaire, Peter Lewis, homme d’affaires, grand patron du musée Guggenheim, qui s’est engagé lui aussi pour $5 millions. Quelquesfois il y a de petites lumières…

Comments

elles sont bien mignonnes ces petites sculptures !

j'ai vu, il y a quelques années, une oeuvre qui fonctionnait de façon similaire dans un musée d'art contemporain ici à montréal. l'artiste avait éparpillé une dizaine de petites maisons (petites à point tel qu'il était facile de ne pas les voir) au pied des murs d'une exposition collective. ca me semble un peu comme les sculptures de otterness (surtout la deuxième photo) qui ne sont pas toutes mises en évidence.

tes photos de tout et de rien sont toujours bien appréciées !

Taboo ! Je l'ai vu à Londres et j'ai beaucoup aimé, la chanson Ich Bin est très touchante.

Merci, Alexandre. La version new-yorkaise de Taboo! n'a pas reçu une très bonne critique ce matin dans le Times, où l'on écrit méchamment à la fin d'un long article « « Cats » had more teeth. »