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Quand les bobos se révèlent

Une journée occupée de devoirs sans grand intérêt mais nécessaire — le dîner hier soir avec l’amie écrivain était un succès, on est resté dans sa cuisine à bavarder jusqu’à 23 h. Elle avait préparé une sorte de sauce mayonnaise un peu piquante pour les petites crevettes rose foncé du coin, qu’on ne trouve ici qu’en automne, et cependant pas n’importe quand — on les pêche, on nous dit, en eaux profondes et très froides — mais c’est peut-être aussi une histoire fabriquée par nos pêcheurs locaux mythomanes pour se faire payer plus cher ces crevettes, mais de toute façon, elles sont très bonnes. Ensuite on a eu le poulet rôti que j’avais apporté chez elle où je l'ai découpé (madame ne prend que des morceaux de blanc de volaille). On l’a mangé avec la mayonnaise et une salade de frisée cultivée dans son jardin. Pour terminer ce repas familier elle a sorti du frigo un grand pot de glace au café qu'elle adore. On s’est amusé à parler de l’art, d’artistes qu’elle avait connus (Gorki, Duchamp, Eugène Berman, Tchelitchew) à New-York dans les années 40. On s’est même révélé quelques traits personnels secrets, tel son peu de goût pour Pollock, mon ennui devant la peinture de Matisse, sa préférence en fin de compte pour la représentation et son aversion simultanée pour les partisans de ce goût souvent réactionnaires, mon indulgence personnelle pour certains tableaux de Puvis de Chavanne.

Ce soir j’assiste à la réunion mensuelle de la commission d’aménagement urbain du village — après tout, c’est du spectacle gratuit — qui commence à 19h30. Ça les gêne souvent quand il y a des gens dans la salle à suivre leurs délibérations, mais c’est exactement ça, mon rôle de citoyen (ils ne savent pas ou ont oublié cependant que je vote à New-York, donc je n’ai aucun pouvoir réel que moral ici — mais on n’a pas besoin de le souligner.) J’écoute, je fais quelques notes, ils s’inquiètent, on rentre chez soi.

Pour ceux qui ne l'ont pas encore visité, le photocarnet de Laurent à biogue.com vaut le clic pour ses photos drôles, belles, parisiennes, franciliennes, gastronomes, paysagistes, urbaines et tout le reste. Comme on le devine de son carnet navire.net (lié par la quasi-totalité des carnets francophones), il a la sensibilité fine, raffinée et ouverte au monde, trait reflété dans son regard photographique.

Comments

Navire c'est vrai que c'est un must !!! :)

Suis absolument d'accord avec Matoo.

Edouard, j'ai l'impression que tu mets moins de photos que d'habitude, non ?
Aurais-tu ouvert egalement un photo-blogiue dans le plus grand secret ? ;-)

Heu, je rougis... Seul petit détail, moi, c'est Navire.net et non Navire.com ;-)

Pierre, non, je n'ai pas de « carnet secret photographique » mais il est vrai que j'ai peur d'ennuyer les gens avec des photos de rues, de buildings, d'endroits que j'ai déjà publiées — c'est le besoin constant de la nouveauté qui m'opprime !

Laurent, pardon, je ne faisais pas attention, évidemment. Merci de me l'avoir fait savoir — l'adresse est corrigée.

D'accord pour Navire et le biogue (on ne se méfie jamais assez d'une salve d'un 74 canons)

Pour le conseil d'urbanisme, je trouve cela amusant. C'est un truc que j'adore faire, surtout dans les conseils municipaux de petites communes. Quand tu prends des notes tu vois l'inquiétude gagner sur leurs visages. Suttout quand ils ne savent pas sui tu es. Et puis ils disen tellement de trucs incroyables... Truculent... ;)

ça me fait plaisir, moi aussi je déteste matisse. en revanche je suis sûr que tu aimerais aller . on s'y retrouve l'année prochaine?

gVgVssE, il va falloir de très grands efforts pour réussir à donner à M. Khnopff « la renommée internationale qu’il mérite » mais on peut bien essayer, non ? Une visite éventuelle dépend du sort du dollar — ça baisse, ça baisse, ça fait du mal !