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La ronde du quartier

C’est la faute de l’amie marchande de tableaux, c’est bien elle qui m’a mené à l’excès dans lequel je me suis gaîment sombré. On a commencé à Agave, un restaurant mexicain où l’on nous a servi des margaritas bleues. Ensuite on est passé au bar de Hué, restaurant franco-viêtnamien branché dans la rue Bleecker (on a passé une grande partie de la panne d’électricité en août dernier à table sur le trottoir devant ce restaurant à côté d’un des patrons, Karim Amatullah) — tout le monde y était trop jeune, trop beau, trop hétéro. De là on s’est rendu à Tangerine, restaurant thaï autrefois un cabaret, pour terminer nos pérégrinations nocturnes à Marie’s Crisis, envahi on ne savait pas trop pourquoi par de vieux hétéros en couples qui ne connaissaient pas les paroles même des chansons les plus fatiguées de Broadway telle « Maria » de West Side Story mais qui insistaient tout de même à hurler ensemble une version péniblement atonale.

Ce soir on est invité à fêter l’anniversaire de la partenaire du copain en course à pied dans un restaurant très connu (et très cher) où je n’ai jamais mangé : Chanterelle.

Tout ceci me semble de bien peu d’importance vu ce qui s’est passé aujourd’hui à Istamboul — je suis content qu’il y ait eu autant de manifestants à Londres. L’histoire sordide de Michael Jackson me rend triste — pour lui, pour les enfants, pour un pays qui prête une trop grande attention à de tels sujets misérables.