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Un temps de tempete

La balade de Noel d’hier soir etait finalement assez perturbee par la tempete de neige – de nombreux accidents de route sur l’autoroute I-95 ont retarde beaucoup de gens qui viennent regulierement passer les week-ends dans le village (une amie à nous a quitte Manhattan à 14h et est arrivee dans le village à 23h). On a quand meme chante des chants de Noel en buvant du cidre doux chauffe (ouais, ca a un cote assez mievre, je sais, mais les enfants semblent apprecier.) Comme à l’eglise je reste muet, surtout parce que j’ai une tres mauvaise voix. Ensuite on est alle faire un tour dans les boutiques. Chez des amies antiquaires charmantes j’ai achete un joli petit plat à petits gateaux que je donnerai en cadeau à la partenaire en course à pied du copain et son mari, qui sont partis à Londres hier soir pour faire de la chasse en Gloucestershire (le mari) et pour voir quelques expositions (la femme). Il y avait aussi une vente aux encheres « silencieuse » en faveur de notre petite bibliotheque locale dans laquelle le copain a « gagne » un dessous de bouteille argente pour $70.

On est rentre chez nous vers 8 heures du soir. J’ai prepare un diner rapide de lentilles et de saucisses et on a regarde la tele, ou il y avait une emission vraiment reversante sur le gaspillage d’argent incroyable effectue par les gens du Pentagone decrit par un agent qui y travaillait pendant 30 ans. C’est de la folie furieuse ! Plus d’un trillion de dollars se sont perdus depuis pas trop longtemps ! Les comptables du departement de la defense n’arrivent pas à les retrouver et il faut demander chaque annee au Congres la permission d’ignorer les problemes de comptabilite – une compabilite requise en principe par la loi federale – parce les comptes ne peuvent pas passer une verification de comptes reguliere. Et tout ceci est fait avec la complicite de nos chers representants. Le Pentagone, c’est un « self-licking ice cream cone » (une idee tellement insolite que je n’ose pas tenter de la traduire) selon la phase prononcee par l’interviewe Chuck Spinney, l’agent du Pentagone qui parlait avec Bill Moyers. (Des lundi on pourra regarder l’emission entiere en ligne, au www.pbs.org.) M. Spinney, tres intelligent, compare le cote depensier du Pentagone à celui de Louis XIV – il appelle, en riant, le Pentagone « Versailles on the Potomac ». Il avait ete invite à presenter un rapport sur les depenses du Pentagone devant une commission du Congres en juin 2002 – c’est tout à fait extraordinaire (et aussi deprimant) combien les grandes industries de la defense nous volent de l’argent, avec la connivence vraiment active des forces armees et des nos « representants ». Mais, voyez-vous, il est impossible d’etre « contre » la defense du pays – etre contre, c’est en fin de compte etre traitre, donc c’est bien facile de faire passer des autorisations de financement de projets militaires pour le moins douteux et qui font gagner beaucoup d’argent aux memes types qui donneront ensuite pas mal d’argent pour financer les campagnes electorales de ceux qui leur ont aide à s’enrichir.

Des nouvelles plus gaies : on attend la reouverture du theatre La Fenice à Venise la semaine prochaine. Dans le New York Times d’aujourd’hui on a publie une sorte de
vue d’ensemble
de notre quartier à New-York (attention, c’est une perspective nettement immobiliere).

Je ne me rappelle plus ou j’ai repere ce site amusant qui s’appelle Betty Bowers. Mme Bowers (qui se declare la meilleure chretienne de l'Amerique) se demande si Bush ne serait pas gay, vu son penchant curieux pour le mot typiquement gay de « fabulous ». Elle en parle longuement sur cette page.

La tempete de neige a recommence pour de bon – en principe on est invite à diner chez des amis ce soir. On a reussi à conduire (lentement) au gym ce matin (à cause du mauvais temps ils se sont decides à fermer à midi, heureusement que le copain et moi, on y est arrive à 10h30) sur des routes pas trop glissantes, mais maintenant, ca neige tres fort, et avec beaucoup de vent. La maison ou l’on va n’est qu’à quelques pas de chez nous, en effet, donc on s’habillera en Esquimaux pour nous y rendre. Le mari, avocat, est grand francophile – son pere scenariste habitait Paris pendant des annees d’abord avec la mere (un peu folle) de notre ami et ensuite, apres un divorce, avec sa deuxieme femme, une Franco-americaine (c’est-à-dire, Francaise avec une grand-mere americaine – histoire typique un peu à la Henry James). Lui, on l’avait mis comme pensionnaire avec son frere dans une ecole jesuite au Mans. Histoires droles de douches froides une fois par semaine et d’autres atrocites hilaires de ce genre.

Comments

J'aimerais bien être dans une grande maison en bois avec un grand feu dans la cheminée, et la tempète de neige qui fait rage derrière les fenêtres... :o)

Bon je fantasme c'est normal, il est 2h41 du matin... fo que j'aille me pieuter !!! :o)

Oui, moi aussi, mais faut être assuré que c'est du double vitrage, que le feu s'auto-alimente en bûches, que l'électricité ne va pas être coupée, que l'ADSL se fiche des tempêtes de neige. Dans ce cas, d'accord :-D

Félicitations !! pour votre prose française,je doit vous dire que c'est un plaisir de vous lire.
Continuez longtemps a nous enchanter de vos recits si bien ficellés.
Amical bonjour de Belgique..

Eh bien, Matoo, dommage, il n'y a pas de cheminée ! Il n'y a pas de double-vitrage, non plus (mais il fait chaud chez nous, l'isolation a été refaite il y a peu longtemps). Vincent, on a le câble pour les ordinateurs et ça marche assez bien. Des pannes de courant, oui, mais surtout suite aux tempêtes avec du vent, quand les branches d'arbre coupent les fils (en général en été).
Merci, Chadou.