Broadway Baby
Voici un site (trouvé chez Politics in the Zeros, un carnet californien de Los-Angeles que je visite de plus en plus souvent) qui fait rêver (bien que la Californie mintéresse plus quelle ne mattire). Le billet qui ma dirigé vers ce site parle dun procès entamé par lactrice Barbra Streisand quon qualifie dédaigneusement de « libérale de limousine ». Ceci me rappelle (inévitablement ?) cet épisode de « South Park » quon vient de regarder à la campagne (merci, Monsieur Tivo) dans lequel Mlle Streisand se transforme en monstre géant qui écrase le village coloradain jusquà larrivée heureuse de Robert Smith, du Cure, qui la défait. Nimporte, les photos de la côte californienne sont extraordinaires et je me suis « promené » au dessus de Malibu, de Santa-Monica, de Venice, de Big-Sur, de Carmel-sur-Mer, de La-Jolla avec un plaisir inattendu.

Le Times Square au crépuscule
« Je men fous si lon me siffle de lanthrax dans le cul avec une paille : je ne quitterai jamais New-York. » Voici le défi coloré prononcé sur scène devant une salle d'acteurs et d'amateurs de théâtre new-yorkais par le comédien Mario Cantone lors de la première représentation du spectacle de la remise des prix du « Gypsy of the Year 2003 » hier après-midi. Un « gypsy » dans la langue du théâtre new-yorkais, cest lartiste dont le nom ne paraît pas en vedette sur laffiche. Les « gypsies », ce sont ces « inconnus » du spectacle, les danseurs, les figurants, qui vont de spectacle en spectacle, tout un monde qui se connaît des heures passées en attendant dans les couloirs de salles daudition, dans les cours de danse jazz. Depuis 1989 les « gypsies » organisent un concours annuel au bénéfice de lorganisation « Broadway Cares/Equity Fights Aids » (Equity, cest le puissant syndicat des artistes du théâtre) et cest un spectacle pas comme les autres ! Cette année le concours se passe au Palace, énorme théâtre où lon joue actuellement lAïda dElton John et de Tim Rice (une production Disney). Nous sommes allés à la « première » du concours il ny a que deux représentations en tout, la seconde aura lieu aujourdhui devant les « juges » qui choisiront le meilleur numéro « gypsy ». Moi javoue que je suis accro de théâtre. Je suis le plus content quand je me trouve assis dans le noir dun théâtre à attendre le lever de rideau.

Devant le Palace
Le concours des gypsies cest troujours assez ironique dans le premier numéro, on se moquait des « group sales » les ventes en groupe là il s'agit souvent des lycéens en premier voyage à New-York (qui ne sarrêtent pas de bavarder en dépit de ce qui se passe sur scène), ou des vieux banlieusards (qui ne sarrêtent de faire du bruit en ouvrant des bonbons). Dans les numéros qui ont suivi on se moquait de Melanie Griffith (à plusieurs reprises), de producteurs avares, de vedettes idiotes. Les troupes de gypsies d« Aida » et du « Lion King » ont tous les deux offert des danses rythmiques énergiques. Il y avait plein de blagues disons osées (« Hugh Jackman gives me wood » prononcé par une marionnette) sur les appas de la vedette australienne du « Boy from Oz ». Un duo de la comédie musicale « Urinetown » (qui ferme en janvier parce quon rase leur théâtre pour y construire un nouveau gratte-ciel pour une banque) nous a offert un tour dhorizon acide sur la situation actuelle des productions à Broadway aux vifs applaudissements et hourras de lassistance dont une bonne partie étaient de jeunes acteurs qui en connaissent les vraies histoires. On est sorti du théâtre vers 18h30, tous les jeunes artistes quon venait de voir sur scène, les yeux (très) maquillés, le rouge aux lèvres, se rassemblaient avec leurs ami(e)s au long de lextérieur du théâtre à allumer des cigarettes et à se parler de ce quils venaient de voir. Jai adoré, franchement. Un excellent moment qui me rappelle pourquoi j'habite toujours ici.

Une autre vue de Times Square
De retour chez nous on apprend quAl Gore donnera son appui officiel à la candidature de Howard Dean pour la présidence. (Il la fait à Harlem ce matin.) Cest énorme. Et ça va sûrement couler la campagne présidentielle de Lieberman.
Comments
New-York est la ville la plus excitante du monde ? Non ?
Posted by: lolo | décembre 10, 2003 03:26 PM
Cher Lolo, « la plus excitante » je ne sais pas, mais comme grande ville, c'est pas mal. Comme Paris, d'ailleurs, « the only other city on earth worth scheming to get to » selon "Queer Street » une mémoire de l'auteur James McCourt qui vient de sortir ici, soustitrée « The Rise and Fall of an American Culture, 1947-1985 ».
Posted by: Édouard | décembre 12, 2003 09:29 AM