A la recherche d'une cafetière
On nous menaçait hier soir d’une pluie torentielle qui n’est pourtant jamais venue. Hier soir le copain et moi, tous les deux crevés après avoir mal dormi, nous avons loué la première partie (deux cassettes) d’une excellente série anglaise de la BBC au nom de « House of Cards » — c’est d’une méchanceté cynique délicieuse, surtout le rôle de l’homme politique ambitieux joué par l’acteur Ian Richardson.
Mais qu'est-ce qu'ils font là ?
Ah, ce sofa, ça va où, madame ?
Même sans les flots prévus, ce n’était pas une matinée à faire plaisir aux déménageurs ou surtout à leurs clients. On avait monté cette grue dans la pluie pour hisser un canapé par une fenêtre — ce n’est pourtant pas un immeuble de luxe, comme ça se voit, mais ça doit être atrocement cher de faire monter le mobilier à l’extérieur de l’immeuble.
Je vis depuis une semaine sans cafetière. C’est-à-dire qu’au lieu de m’asseoir devant le portable habillé en robe de chambre à sentir l’odeur exquise de mon café hispanique préféré en train d’être préparé, j’ai dû enfilerde vieux pantalons en velours côtelé, un sweat-shirt « aromatique », des moccassins nautiques et rendu ainsi plus ou moins décent, je vais chez les Palestiniens du délicatessen du coin pour acheter deux tasses de café au lait plutôt infectes que je ramène chez nous. (Le copain, lui, n’a jamais pris l’habitude du café.) Cet après-midi on est allé chercher une nouvelle cafetière au magasin Gracious Home (souvent désigné « Gracious Homo » pour sa clientèle ainsi que pour son personnel) — le copain s’est acheté deux oreillers (il se plaint depuis des mois de nos anciens oreillers en duvet et plumes d’oie qui sont, je l’avoue, presque plats — mais moi je les adore comme ça). Il lui fallait aussi un nouveau mini four électrique parce qu’il aime le toast. « Pourquoi pas un grille-pain alors ? » je lui ai demandé. « J’aime pas » il me répond. « Ça ne fait pas autant de choses. » Bon, il n’est jamais vraiment question de logique chez nous.
La vue à partir de la station de métro vers le sud (au long de Broadway)
La vieille station de métro de la 72e rue et Broadway
La succursale la plus proche de chez nous se trouve dans le Upper West Side. On a pris le métro jusqu’à la station express de la 72e rue et Broadway. Oh la la, c’est vraiment un quartier que je n’aime pas — et j’y ai vécu pendant des années, dans la 75e rue. Trop de monde, pas assez de caractère — y a rien à faire, je suis snob, j’adore le Village.
L’amie marchande de tableaux est de retour de la foire d’art de Bâle à Miami-Beach et elle repart pour Chicago à la recherche de quelques tableaux. Donc on va aller dîner avec elle ce soir.
Ici on se moque de la manière maladroite dont l’administration a interdit aux sociétés de pays qui ont refusé de participer à l’intervention militaire en Irak, tout en demandant à certains de ces mêmes pays de bien vouloir « pardonner » la dette contractée par le régime de Saddam Hussein. C’est incroyable.
Il n’est pas trop rassurant non plus d’apprendre que la moitié à peu près des recrues pour un nouveau bataillon irakien, à savoir 300 hommes, ont déjà quitté le service militaire. C’était bien sur eux qu’on comptait pour « irakiser » les forces d’ordre.