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À la dernière minute (toujours)

Une journée vouée au shopping-éclair intensif concentré dans l’axe de la 60e rue est et l’avenue Madison. J’ai dû d’abord passer chez Hermès acheter un cadeau-offrande pour l’amie écrivain avec qui je me suis un peu brouillé le week-end dernier (elle m’assurait que, d’un point de vue culturel, New-York ne compte plus pour rien, son apogée a été atteinte pendant les années 40, 50 et le début des années 60 — les mêmes décennies, non pas par hasard, qu’elle a habité la ville ; moi j’ai insisté que chaque époque possède ses qualités particulières qu’on ne peut pas vraiment comparer. « Alors, où sont les Tennessee Williams, les Jasper Johns, les Stephen Sondheim et les Bernstein, les Gore Vidal d’aujourd’hui ? » m’a-t-elle répondu en défi ? « Euh, il y a Tony Kushner » je lui ai dit, un peu hésitant. « Mais il n’est rien, mais rien » elle a soupiré).

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Le magasin Hermès dans l'avenue Madison

Ensuite on est descendu l’avenue Madison pour aller chez Sherry-Lehman acheter encore une fois quelques bouteilles de Chasse-Spleen comme cadeaux pour les gens qui nous invitent à leur réveillon de Noël — c’est vraiment le meilleur magasin de vins à New-York.

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La Park Avenue à la 57e rue

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Dans la Park Avenue en direction de la 56e rue

On a continué notre orgie de consommation en nous dirigeant vers la Park Avenue et la succursale de Fauchon qui s’y trouve à la 56e rue — on a acheté des tas de confitures (par exemple, « confiture des 4 saisons : L’été » et « confiture griotte de Montmorency », dans les petites boîtes qui font d’excellents cadeaux pas compliqués (tout le monde aimes de bonnes confitures, n’est-ce pas ?) et des bonbons. En rentrant à la station de métro on a fait un tour chez Tiffany (bourré de monde) et ensuite chez Bergdorf Men (presque vide) avant de rentrer chez nous. Ben, plus ou moins. On a déjeuné dans un coffee-shop dans la place de l’Université avant d’aller chez l’ancienne pharmacie Bigelow’s dans la 6e avenue où j’ai acheté un flacon d’Ysatis de Givenchy pour ma mère (elle a délaissé Chanel je ne sais pas pourquoi — avec tous nos achats français, il n’y a sûrement pas de boycott chez nous) et un truc idiot contre les gueules de bois — c’est fait en Suisse, et on le met dans le frigo pour qu’il soit frais pour soigner les yeux après une cuite. Finalement (presque) on a acheté des lumières de Noël en boules colorées (on en a pris une verte, deux blanches, deux rouges, et une bleue — ça fait un peu le drapeau arc-en-ciel sans le violet) qu’on va pendre demain devant nos fenêtres à la campagne pour essayer d’enjoliver la maison. Finalement, on est passé par la librairie Three Lives dans la 10e rue où j’ai acheté le nouveau compte-rendu du procès d’Oscar Wilde, préparé par son petit-fils, dont la critique récente dans le Times était excellente, et les journaux intimes de Cecil Beaton non-censurés — c’est-à-dire pleins de méchancetés et de révélations de son monde curieux. C’est une lecture trash qui me donnera du plaisir pendant les heures mornes de journées de fin de décembre.

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Embouteillage typique dans l'avenue Madison à la 57e rue

On s’est impulsivement décidé d’essayer de voir « Le Retour du Roi » aux Cinémas Clearview de Chelsea — et on a réussi à commander des tickets pour la séance de 17h10. La salle était presque pleine, il y avait beaucoup d’enfants avec leurs parents. C’est long, c’est beau, c’est du cinéma vraiment épique. Bravo, les Néo-Zélandais !

Comments

Si du point de vue culturel, New York n'est plus rien, et Paris, l'ombre d'elle-même, comparé à ce qu'elle fut jadis, d'où vient aujourd'hui la lumière, vu de la Grosse Pomme ?

Quelle bourgeoise cette salebete alors !!! mdr ! :-)))

(dire que je n'ai pas encore fait un cadeau... ça craint du boudin !!!)

Je l'ai déjà dit et je le redis New-York reste encore un des endroits les plus excitants au monde. Je suis triste de n'avoir pas pu connaître cette ville plus tôt (j'ai une préférence pour la période 75-85 que je n'ai pas connu ... je suis né en 1968!) il me tarde de revenir à NYC, la ville de tous les possibles. La culture n'est pas que dans les livres ou dans la peinture. La culture c'est aussi l'histoire de la ville et des gens qui la composent. Dans mon oeil d'européen, NY est le petit village gaulois d'astérix, la ville qui n'a pas prétée allégeance au pouvoir. Une sorte de ville libre.

En attendant, Gore Vidal est toujours aussi actif. Son livre "En direct du Golgotha" vient d'être traduit en France (avec juste 10 ans de retard). C'est l'une des meilleures surprises littéraires de cette fin d'année.

Mes excuses à tous de répondre si tard: Oui, Matoo, j'ai bien eu un accès de fièvre, mais ça a marché puisque tout le monde a été content de leurs cadeaux respectifs (ce qui n'est pas toujours le cas !). Lolo, j'aime bien ta description de New-York comme une ville libre — c'est exactement à cause de cette même idée que je m'y suis installé il y a bien longtemps — on fuit l'Amérique pour se réfugier à New-York. C'est le paradis terrestre et le refuge de tous ces maladaptés (dont j'en fais fièrement partie) qui n'ont pas pu ou su s'arranger pour vivre confortablement dans cette autre Amérique.
Stéphanie, c'est vrai, M. Vidal est toujours là — il est même grand ami de l'amie écrivain — mais il n'habite plus New-York depuis bien longtemps, ayant choisi de partager la plupart de son temps entre une villa près de Portofino en Italie et une maison à Los-Angeles (Beverly Hills ?), donc il n'est plus "new-yorkais".