Un week-end réparateur
Notre soirée d’hier s’est bien passée — même très bien. Il n’y avait pas trop de monde et on a pu parler avec les gens qu’on connaissait et faire la connaissances d’autres qu’on ne connaissait pas. Je n’ai pas trop bu, on a mangé tout le saumon fumé et la plupart des deux pâtés et des crevettes. Le copain et moi, on n’avait pas tellement envie de sortir (il y a très peu de choix dans notre bourg, de toute façon) donc on a grignoté ce qu’il nous restait à manger en regardant la télé. On a essayé de regarder « Black Hawk Down » avec le très-charmant Josh Hartnett mais finalement il est devenu trop difficile de ne pas hurler contre les bêtises du film, dont tous personnages américains ressemblent à de beauxmannequins pour Armani ou Calvin Klein aux coiffures (sexy, j’en conviens) de militaires — il n’y avait par contre aucun des ces militaires qu’on voit souvent en groupe circulant dans le Times Square, pas très grands, les visages couverts de boutons peu appétissants, aux yeux apeurés et méfiantsde provinciaux en visite et aux coiffures nettement moins réussies que celles qu’on remarque chez les militaires de cinéma. Mais bon, s’il s’agissait seulement de mater de beaux mecs, ça pourrait aller mais souffrir ce dialogue d’abrutis composé de poncifs et de banalités « tough guy » complètement idiots, c’était comme passer deux heures en compagnie de Donale Rumsfeld, alors là, ce n’était plus possible ! On a donc quitté les champs de bataille de la Somalie et les jolis visages d’Orlando Bloom et de Sam Shepard (il devrait avoir honte d’avoir joué dans ce film de propagande dans lequel on n’a même pas osé suivre les événements historiques narrés dans le reportage du journaliste de Philadelphie Mark Bowden sur lequel le film est basé) pour quelques épisodes de l’ancienne comédie canadienne « The Kids in the Hall », ce qui a vite rétabli pour nous une perspective plus réelle et moins hypocrite du monde.
Aujourd’hui on n’a presque rien fait — le copain a joué à quelques jeux vidéos. Moi j’ai commencer à rédiger quelques lignes en réponse à la question de Netlexblogger (dans les commentaires) sur la ville qui pourrait devenir, du point de vue spécifique des arts, le prochain Paris ou New-York. Il aurait mieux fallu probablement que je lui réponde tout simplement : Berlin, mais cela manque, je trouve, un peu de profondeur réfléchie (et pour Netlexblogger surtout, qui me semble presque omniscient, c’est fou ce qu’il est érudit, non ?) et je me suis donc amusé à me perdre dans internet (merci, connexion câble) à suivre les vies de poètes et d’artistes à Paris et à New-York à la recherche de ressemblances de conditions urbaine, politiques, sociales, et économiques a priori. (C’est une façon comme une autre de passer une journée.)
On était interrompu dans nos poursuites respectives par un coup de fil de ma mère, qui se plaignait qu’on avait changé la taille de la police dans son portable Mac à elle (c’était ma faute, hier j’ai voulu jouer au Shanghaï et j’ai dû changer quelque chose) — on a dû faire un tour chez elle pour le réparer.
J’ai finalement acheté, sur la chaude recommandation de la Grande Rousse, prêtresse absolue dans ce domaine, le logiciel Antidote Prisme chez le magasin de commerce électronique Camelot.ca — on va me l’envoyer ici à la campagne. J’ai besoin depuis bien longtemps qu’on me corrige mes fautes de frappe et de français.
C’est inconcevable pour moi le temblement de terre en Iran — tant de morts, tant de blessés. J’ai cherché Bam dans l’atlas — c’est assez loin de tout, en effet. Et puis les Bulgares et les Thais tués en Irak — cela ne semble pas s’améliorer.
Comments
Les réponses les plus simples ne sont pas forcément les moins profondes.
J'espère ne pas avoir abusé en posant une question qui se voulait légère, et certainement pas "savante".
On lit un peu partout en ce moment que la France "dort".
C'était une façon de demander : "do we really need a wake up call ?"
Posted by: netlexblogger | décembre 28, 2003 04:28 PM
Cher Netlex (j'espère que vous me pemettrez cette abbréviation familière), non, non, vous n'abusez pas ! C'est plutôt une question que je me suis moi-même posée maintes fois — et je me suis ensuite demandé sur quelles bases pourraient rester les « âges d'or » de certaines villes. Réfléchir sur la conjoncture économique, politique, et intellectuelle qui a donné lieu à cette idée de Paris et, plus tard, à New-York comme centre mondialement reconnu de culture et de « vitalité » intellectuelle m'intéresse beaucoup. Voilà tout. En plus, cela me permettait aussi de formuler une tentative de réponse à la plainte de l'amie écrivain contre le New-York d'aujourd'hui (bien que le foulard Hermès l'ait heureusement réduite à un silence provisoire !)
Posted by: Édouard | décembre 29, 2003 10:40 AM