Il fait trop froid !
En ce moment j’écoute à la radio la cérémonie de présentation du plan du mémorial des morts au World Trade Center — tous les hommes politiques sont là, dont le gouverneur George Pataki et le maire Michael Bloomberg. Le projet sélectionné, qui porte le nom d’Absence réfléchissante, est bien sûr un compromis, d’un point de vue esthétique, politique et intellectuel. C’est là une faiblesse des démocraties — voulant satisfaire au goût d’une majorité de leurs citoyens, elles ont souvent du mal à créer des monuments vraiment à la hauteur des événements qu’ils commémorent. Mais bon, c’est fait, c’est terminé, qu’on commence à le construire tout de suite !
Une maison de ville idéale — et c'est juste devant chez nous, ce qui serait bien commode pour les déménageurs, non ?
Les révélations de l’ancien secrétaire au Trésor Paul O’Neill continuent à faire fureur dans les milieux politiques.
L’amie marchande de tableaux m’a invité à l’accompagner dans une tournée des galeries d’art à Chelsea. Elle voulait surtout visiter la Spike où l’on prépare une exposition des tableaux de Martin Mull. Ce monsieur Mull est un personnage curieux — acteur très connu à la télé américaine, dans les séries « Fernwood Tonight » et « Rosanne », il avait étudié la peinture à la Rhode Island School of Design. À côté d’une carrière d’acteur très réussie, il a continué à faire des tableaux — l’amie marchande les collectionne et les promeut. On était en train de faire l’accrochage de l’expo quand on y est entré. M. Mull était charmant, très accueillant, un peu nerveux, comme tout artiste, de la réaction éventuelle du public à ces nouveaux tableaux (le vernissage est pour demain soir). Il a embrassé l’amie marchande. Moi je ne suis pas grand amateur de ses œuvres mais j’ai souri poliment en lui offrant quelques compliments anodins — les artistes sont toujours anxieux, il faut qu’on les rassure de leur talent — et finalement on est reparti les catalogues et les cartons d’invitation dans les mains.
On est passé voir l’expo du photographe Andrés Serrano chez Paula Cooper (l’amie l’a aimée, moi moins), les sculptures de l’artiste anglais Marc Quinn, des expos (pour moi) peu intéressantes chez Charles Cowles, chez Edward Thorp (la sculptrice Deborah Butterfield), chez PPOW (un photographe hollandais), et finalement chez Cheim & Reid où l’on exposait les photographies faciles et dédaigneuses (et énormément estimées par les critiques) de William Eggleston.
On a terminé notre balade à la galerie Jeff Bailey où j’ai pris ces photographies des dessins au crayon de couleur de l’artiste Julia Randall — ces dessins sont intimes, déroutants, très bien faits, marrants, inquiétants.
Un dessin de Julia Randall chez Jeff Bailey
Un oiseau étrange (détail)
Une perruque un peu spéciale
Hier soir on était invité à dîner avec les parents du copain — j’ai dû écrire en écriture de chancellerie sur les cartes de table les titres des œuvres que le père du copain va exposer dans une exposition de membres du club dont il est membre.
Le froid est retourné depuis ce matin. Il fait –10º maintenant. Pas agréable du tout !
Comments
Et puis y'a des chambres d'amis je suis sûr dans la grande maison ? :)))
Posted by: Matoo | janvier 14, 2004 05:49 PM
Ben, je pense que oui — c'est-à-dire que j'ai vu des chambres au premier et au deuxième étages de la rue la nuit.
Posted by: Édouard | janvier 14, 2004 09:54 PM