« Taking care of the boss » ou on s'arrange pour le patron
En lisant les multiples reportages sur les documents effacés, les dossiers vidés, les chronologies discordantes de l’affaire du service militaire de George W Bush, on aurait raison, je crois, de hausser les épaules et de se dire tout bas : Ainsi va le monde. D’après ce que j’ai lu, je suis de plus en plus certain qu’il y a eu un problème d’abus de drogues ou d’alcool d’une importance suffisante pour lequel Bush jeune n’a pas voulu subir l’examen médical usuel pour les pilotes (on suppose qu’il a surtout voulu éviter l’urinalyse qui aurait pu montrer l’usage de cocaïne). Les supérieurs de Bush jeune savaient très bien qui était son père et ne cherchaient pas à avoir des ennuis avec ce VIP. Voilà donc les dossiers « nettoyés » de toute information nuisible à Bush jeune pour des raisons tout à fait compréhensibles, si peu admirables.
Et voilà précisément qu’on commence à salir M. Kerry, lui accusant d’avoir eu une affaire sentimentale avec une blonde inconnue. Je ne sais pas de quoi il s’agit, finalement. Ces histoires de liaisons jugées peu convenables me lassent. C’est comme le sacré sein de Janet, cela obscurcit les vrais intérêts et les vraies questions à poser.
Cet après-midi je faisais des courses en écoutant la BBC dans la voiture — on y présentait une interview assez drôle avec une journaliste canadienne de langue française qui s’intéressait surtout aux aspects francophones du candidat Kerry. C’est drôle, M. Kerry, qui a un cousin français assez connu (en France)— M. Brice Lalonde et qui a fait deux ans à l’école Le Rosey en Suisse avant de terminer ses études secondaires à l’école St Paul's au New-Hampshire, a passé plusieurs étés en Bretagne chez ses parents Forbes. Il parle, on dit, un français courant mais il a résisté aux efforts des reporters francophones du Canada et de France de parler publiquement en français — un des conseillers politiques invités sur l’émission a remarqué que tandis que le président Kerry pourrait bien un jour parler un français impeccable lors d’une réception à Paris (avec sa femme qui est censée parler le portugais (langue maternelle), l'anglais (avec un léger accent), le français, l'italien et l'espagnol), le candidat Kerry se garderait de faire preuve d’éventuels talents multilingues. Parler français ne gagne pas de voix ici.
De l’autre côté de l’Atlantique, où il existe toujours un humour moins plat, moins hypocrite, j’ai trouvé chez le Guardian (à quand l’édition américaine de ce journal intelligent ? On nous en promet une depuis quelques mois) ces versions « à la Hutton » de divers moments importants dans l’histoire de l’Angleterre. J’adore surtout le rapport « Huttonesque » de l’invasion normande, dont je citerai la conclusion délicieusement insolente : I find that Harold invited HRH to Hastings for a picnic, but chose to kill himself, along with his large catering staff, when the soufflés dropped. (Je trouve qu’Harold a invité SAR à Hastings pour un pique-nique mais il a choisi de se tuer, ainsi que sa grande équipe de traiteurs, quand les soufflés se sont dégonflés.)
Dîner ce soir chez ma mère. On va essayer de faire une soirée surprise pour l'anniversaire de ma sœur à Philadelphie le mois prochain — si son mari est d'accord. À suivre.
Comments
La renomée du Maire de Saint-Briac est un peut retombée depuis quelques années. Alors Kerry dans la course, ce fut pour lui une vraie aubaine; mais patatras, apparemment Kerry lui a demandé de rester discret. (Comme tu le dis c'est populaire en France, mais ça ne fait pas gagner de voix). Il n'a vraiment pas de chance Brice, pour une fois qu'on pouvait de nouveau parler de lui à la télé!!!
Merci pour le lien des versions "Hutton", un vrai régal. :)
Bonne continuation Edouard!
Posted by: aqb | février 14, 2004 06:41 PM