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Les jours de mauvais augure (tant pis si cela ne se reconnaît pas)

Ce matin tout semblait en ordre — le copain a sorti Betty en dépit du froid qu’il faisait, moi je me fortifiais contre le destin avec plusieurs tasses de café. On a rangé la maison dans un temps record et on est passé ensuite chez un ami villageois pour qui on fait un site web. Cela s’est bien passé, il est content. Il y avait du soleil. Le pneu n’était pas tout à fait crevé — on est allé à la station-service pour le regonfler encore une fois, le temps de conduire à Manhattan et remettre la voiture aux bons soins des garagistes de Martin Honda dans la 11e avenue. Pas mal de monde sur l’autoroute, en dépit de la « fête » — le jour des Présidents, autrefois l’anniversaire du premier président George Washington (le 22 février), maintenant fixé au troisième lundi du mois de février. Mais ça roulait vite, quelques petits embouteillages dus à des travaux routiers (journée non fériée pour eux), et on est entré à New-York vers 13 heures. On s’est arrêté devant l’immeuble pour décharger la voiture — Betty restait à l’intérieur — et le copain a téléphoné au garage pour savoir s’ils accepteraient la voiture dans l’après-midi. On est dans l’appartement pour quatre minutes au maximum. Je ressors et je vois un flic de la6e préfecture de police en train de m’écrire une contravention pour stationnement en double file. Je lui dis, en essayant de m’expliquer, « Mais je ne faisais que décharger la voiture. » « Votre voiture bloquait la rue. » Je regarde autour de nous, aucune voiture, aucun camion bloqué — « Mais vous, vous avez réussi à vous mettre devant moi » je note. Il n’est pas content, refuse de me regarder, en me tendant seulement le morceau de papier qui indique que je dois payer une amende de $115 !

Le copain prend la voiture pour aller au garage, où on va se payer quatre pneus nouveaux. Je reste chez nous et j’allume l’ordinateur sur la table à manger qui me sert de bureau. Le téléphone sonne. C’est le copain qui m’appelle pour me dire qu’un flic est en train de lui écrire une contravention pour avoir négligé de mettre sa ceinture de sécurité — ça lui vaut une amende de $95. On a du bol, n’est-ce pas ? Bon, je ne sors plus aujourd’hui, c’est trop dangereux (et cher), du moins avant 19 heures — on va dîner avec l’ami galeriste. On y va à pied, pour être certain de ne plus vexer « New York's Finest ».

Comments

Généralement, après une première prune, on essaie de se tenir à carreau car ça veut dire que la poisse rode. Forcément, se promener sans ceinture un jour de poisse, c'est s'exposer au pire !

Une journée à 210$, c'est cher payé la poisse :/

Ahlala, tu as raison. Pour le stationnement, ça ne nous est jamais arrivé, mais pour la ceinture, j'ai toujours dit au copain qu'il fallait la mettre, même quand il portait un grand manteau (donc difficile à fermer, surtout dans une petite voiture comme la nôtre) et quand on n'allait pas loin. Mais il y avait aussi une certaine égalité qui nous a fait rire: deux contraventions (idiotes) en quelques minutes. C'était (presque) comique.

C'était comique (sauf pour le porte-monnaie) ;)