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Le lendemain de la fête

Encore des cartes — celle-ci, trouvée sur Gawker localise les donateurs aux diverses campagnes politiques à Manhattan. Les cartes de Boston, de Los-Angeles et d’autres villes, comme celle d'Houston, sont intéressantes aussi.

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Mon bureau en voie de transformation en salle à manger

Notre dîner d’hier soir s’est bien passé — on est resté à bavarder jusqu’à 1h30, ce qui est tard pour ce qu’on appelle ici, dans le vocabulaire de nursery affecté, « a school night » ou une veille de classe. On avait trop de plats « au vinaigre » (des asperges pour commencer et une salade après le ragoût). Le vin, un rouge de Californie Beaulieu Vineyard Coastal 2000, n’était pas mal. L’un des invités, un jeune homme intelligent et assez beau qui avait été l'ami pendant un certain temps de l’écrivain très tendance Dale Peck (que je connaissais moi un peu du gym où autrefois on faisait tous les deux nos séances d’exercice). Lui ne se plaît plus à New-York, qu’il trouve triste et « over », dépassé. Il pense s’installer sur la côte ouest, à Seattle ou à Portland ou même à San-Francisco (rêve pas hyperoriginal, mais bon, ce n’est pas toujours nécessaire, comme on le dit, de réinventer la roue.) Il a peut-être raison. C’est difficile, en effet, à savoir — le copain et moi, on ne sort presque plus dans les boîtes ou les discothèques. Nos vies se sont embourgeoisées. On ne fait plus la foire tous les week-ends — maintenant on va à la campagne où l’on est (plus ou moins) sage. Mais c’est sûr qu’il y a maintenant, par exemple, moins de grandes folles travesties (et on parlait hier soir de Hedda Lettuce, Chiclet, Ruby Rims, RuPaul et d’autres aussi « célèbres ») dans notre monde qu’avant. Oui, nous avons changé, mais cela ne veut pas dire automatiquement que la ville n’a plus de vie, n’offre plus rien d’excitant ou de fou. Il s’est même contredit un peu en décrivant une revue montée quelque part dans l’East Village dans laquelle deux folles se sont habillées en les Tours jumelles (dansantes et chantantes) que les spectateurs ont bombardées de petits avions en papier. Ça, c’est un exemple de l'esprit véritable de New-York. Il ne faut surtout rien prendre au sérieux — ou presque.

Le copain est sorti déjeuner avec son père aujourd’hui — ils sont allés au restaurant italien Sant’ Ambrœus qui se trouve à deux pas de chez nous au coin de la rue Perry et la rue 4e ouest. Très bonne cuisine, selon le copain, et en plus il a été dragué par la comédienne Sandra Bernhardt qui était là avec des amies. Il lui a souri en disant bonjour. Ce soir il me laisse encore seul — il va dîner avec une femme folle, chasseuse de têtes dans l’informatique avec laquelle il a failli travailler — mais elle n’avait pas voulu diviser la compagnie à 50 % chacun, elle avait voulu garder 51 % pour elle, ce à quoi le copain avait dit non. Mais ils sont restés très amis. Moi je vais continuer ma lecture d’un livre acheté à Londres — 1939 : The Last Season, une sorte de « Vie quotidienne à Londres chez les Anglais aristocratiques avant la guerre de 39 ». Je vais me coucher très tôt.

Je ne comprends pas ce qui se passe à Kosovo. Pas plus que les bombardements hier soir à Bagdad et à Bassorah.

Comments

Je ne connaissais que Ru Paul dans la liste, mais je l'adorais ado, même si j'ai mis longtemps avant de comprendre... (Blame the "sheltered" childhood!) :-)

Ah, les « sheltered childhoods » ! J'ai bien du mal à me souvenir du mien... (je l'ai quitté en fait avec pas mal de plaisir, au grand regret de ma mère surtout — pour qui j'ai dû être un ado « difficile ». Oh là là, quand on y pense...)