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Devant la Commission d'enquête

Je suis en train d’écouter les témoignages faits devant la Commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre — l’ancienne secrétaire d’état Madeleine Albright est en train de défendre sa position vis-à-vis d’Al-Qaïda contre les accusations du président de la commission, l’ancien gouverneur républicain du New-Jersey, Thomas Kean. (Il ne faut pas oublier que l’établissement de cette commission d’enquête fut vigoureusement résisté par l’administration Bush.) L’ambiance auditive est assez tendue — on a déjà fait quelques remarques (il est souvent difficile à savoir qui dit quoi) très politisées sur l’un des témoins à venir (le célèbre « terroriste » nouveau Richard Clarke (qu’on a nommé à plusieurs reprises « the elephant in the room » — l’éléphant dans la pièce) qui vient de révéler les inepties des Bushistes d’une manière pour le moins saisissante). La Albright n’est pas bête — un des membres de la Commission a essayé de la faire reconnaître un lien assez vague entre quelques terroristes reconnus et Saddam Houssein mais elle a réussi à détourner la question.

Le vocabulaire diplomatique m’intéresse. Une des membres vient de demander à l’ancienne secrétaire d’état « You issued a démarche or a warning… ». C’est la première fois que j’entende le mot « démarche » dans une conversation en anglais. (Par contre, on le voit assez souvent dans des textes diplomatiques ou dans les articles sur les affaires étrangères.) En général le mot, selon le Concise Oxford Dictionary, signifie un « political step or proceeding, esp. initiating fresh policy. ». Le sens d’« avertissement » paraît un peu nouveau, ou spécialisé.

Il fait beau aujourd’hui, un peu moins froid qu’hier, mais toujours trop frais pour moi. Le copain est sorti voir un client avec son interne (qui adore l’Angleterre et n’aime pas la France — en bon boyfriend discret je me suis tu). Moi je reste avec le peintre ukrainien, moins bavard (voire muet) que son collègue trinidadien qui n’est pas venu aujourd’hui. Le peintre travaille à présent dans la chambre à coucher et il sera plus tard dans le salon et le bureau du copain pour peindre les plafonds.

Le secrétaire d’état actuel Colin Powell est en train de parler devant la Commission. Malgré sa soi-disant loyauté, aussi malhonnête que mal placée, on ne peut pas nier que c’est un beau parleur. Je ne crois pas toutefois qu’il possède un seul os honnête dans tout son corps (« not an honest bone in his body » — c’est très métaphorique, l’anglais.)

Comments

La lecture de ton carnet me laisse souvent une saveur douce-amère. Je n'aimerai pas être américain ces temps-ci.

Je vois du Powell partout.
Ai entendu comme première conclusion à cette Grande Enquête que les 2 administratioins Bush & Clinton avaient fait leur compte de manquements quant à la chasse à l'Osama. Hum, pour résumer et comme dirait de nombreux conseillers de pacotille : "il n'y a pas eu beaucoup de proactivité dans ce domaine, un certain manque de granularité dans les conclusions"

« not an honest bone in his body » J'adore la formule!