Un week-end abrégé
On avait décidé hier soir de ne pas mettre à l’essai la déviation proposée par le Département du transport du Connecticut pour contourner le pont fondu jeudi. Au lieu de cela on a loué une vidéo — « Sunshine » avec Ralph Fiennes — et fait livrer du chinois (une grande soupe aux nouilles pour moi, du mai fun au poulet pour le copain). La cuisine était bonne, mais le film m’a un peu déçu, un peu trop hollywoodisé pour mon goût. C’est quand même marrant de voir le sensible M. Fiennes (plus apprécié des femmes, je trouve, que par des gays) faire l’amour avec trois femmes à des époques soi-disant différentes dans l’histoire — c’est le grand-père, le père et le fils. Les scènes de Budapest et des tournois d’escrime sont bien. Mais toute l’histoire triste et sordide de cette famille hongroise juive avait l’air assez nettoyé.
On s’est couché de bonne heure parce qu’on voulait partir très tôt le lendemain — on a réglé le réveil pour cinq heures et quart. Le copain est allé chercher la voiture pendant que j’essayais de me réveiller d’un sommeil pas reposant avec plusieurs tasses de café.
Nos craintes d’un voyage long et difficile ne se sont pas réalisées — on est arrivé à la déviation vers sept heures quarante et il n’y avait pas trop de monde (et très peu de poids lourds) et on s’est retrouvé de nouveau sur l’autoroute une vingtaine de minutes plus tard en direction de l’est.
Le copain a un rendez-vous avec sa partenaire de course à pied à huit heures. Moi j’irai je pense au gymnase et ensuite on rentra à Manhattan où un ami nous a invité à fêter son anniversaire dans la nouvelle discothèque Avalon, où toute boisson sera gratuite jusqu’à minuit (quel bonheur !) et où je vais pouvoir m’humilier en dansant en public (quel plaisir !)