Peu convaincante
Nerveuse, pleine de redites, elle ne m’a pas convaincue, la Condoleezza. Elle n’a parlé que de « problèmes structuraux » dans les milieux du renseignement américains. Certains croient qu’elle a réussi à protéger l’administration tandis que d’autres pensent qu’elle a montré l’insuffisance des Bushistes à comprendre le vrai danger posé par Oussama ben Laden, malgré un avis assez spécifique donné à Bush le 6 août 2001 intitulé « Bin Laden Determined to Strike inside US ». Le lendemain Bush est parti pour des vacances d’un mois.
On ne sait pas beaucoup non plus de ce qui se passe en Irak, surtout à Falloujah, où les Marines attendent des renforts avant d’y pénétrer plus profondément. On a vu pour la première fois des images télévisées de sang américain versé — un soldat sortait d’un char atteint d’une roquette, l’avant-bras ensanglanté. On nous a montré aussi les « sacs à cadavre » vert foncé que l’administration essaie de cacher de vue en prohibant la photographie des cercueils retournant aux É-U.
La vidéo des otages japonais m’horrifie. Je n’arrive pas à imaginer combien ils doivent avoir peur.
Notre dîner s’est bien passé — du pâté de campagne pour commencer, du poulet aux câpres, quatre fromages, dont du Livarot bien odorant, et une tarte aux fruits. Du vin rouge argentin — pas mauvais. Tout le monde est parti vers minuit.
Comments
Il se passe que l'occupation US a réussi le tour de force de coaliser contre elle des factions qui sont pourtant opposées. Cette conjonction d'intérêts contraires doit maintenant être maîtrisée par des moyens militaires, ce qui est en pratique assez difficile. L'armée US est dans le pire cas de figure possible: guérilla agressive, mobile, bien armée, déterminée, milieu urbain, présence de civils restreignant l'emploi des armes lourdes.
A mon avis, le scénario de sortie de crise passe par la négociation, mais c'est un point de vue de français. L'emploi immodéré de la force par l'armée US, à la façon israélienne, peut faire dégénérer une situation qui n'est pourtant pas irrémédiablement compromise, loin de là.
Condoleezza ne m'a jamais parue très convaincante et j'ai même été très surpris de la voir se comporter comme les hommes politiques français en écartant les questions génantes des journalistes d'un revers de la main sans que cela suscite de réaction. Quand la démocratie américaine devient autoritaire et arrogante, elle ressemble à la démocratie française.
Les vins argentins sont intéressants. J'espère que Big apple se porte bien.
Posted by: Tschok | avril 9, 2004 07:15 AM
Je suis d'accord avec toi, Tschok, sur la situation américaine en Irak — l'armée va probablement réussir à reprendre Falloujah et les autres villes insurgées mais pour combien de temps ? Et que va-t-on faire avec ce Sadr ? Je n'en sais rien. Saddam est censé se trouver au Qatar (je crois que c'est ça) — on avait peur qu'on le libère s'il restait en Irak. C'est vraiment fou.
Je ne connais pas assez bien les façons d'hommes politiques français pour pouvoir commenter sur leurs ressemblances avec celles montrées par la Condoleezza, que je ne peux pas supporter de toute façon. Elle avait l'air tout à fait « shifty » — malhonnête. Elle faisait son travail pour son maître, c'est tout.
New York va bien — il fait beau enfin, bien qu'on nous promet un week-end pluvieux. (Une dernière platitude — « April showers bring May flowers », aussi bête que souvent incorrect.)
Bon week-end.
Posted by: Édouard | avril 9, 2004 12:34 PM
Le pire ... c'etait quand meme la coiffure de Conoleeza: c'est quoi cette meche qui lui tombe au milieu de la figure ?
Posted by: Pierre CARION | avril 10, 2004 12:31 AM