« Et on se réveille tôt quand même | Main | Égaré dans un pays de mensonges »

Des crises de chiens et d'hommes

De temps en temps, la Betty est saisie d’une folie presque hystérique dont il est impossible de connaître la cause certaine — les coups de tonnerre distants, que l’oreille humaine n’arrive pas à entendre, peuvent la rendre folle et c’était peut-être cela qui l’a affolée hier soir. Il y avait des orages qui passaient dans la région. À minuit moins le quart elle a commencé à trembler et à haleter, elle sautait sur le lit, puis de retour au plancher, de nouveau au lit, et encore au plancher. Ce ballet canin a continué jusqu’à 3 heures — aïe ! Après un deuxième comprimé de mélatonine, j’ai pu finalement m’endormir. À 6 h 30, je suis réveillé par la sonnerie du téléphone — le chef charpentier me téléphone pour me dire qu’il sera en retard ce matin. Qu’il est gentil ! Bon, je referme mes yeux fatigués et dix minutes plus tard le téléphone sonne encore. « Kelly ? » me demande la personne qui m’appelle. « Huh ? » je lui réponds. La personne raccroche. Je me laisse tomber contre l’oreiller. Encore la sonnerie. « Kelly ? » « Non, il n’y a pas de Kelly ici. Je crois que vous vous êtes trompées de numéro. » Clic.

Je me suis quand même arrangé avec l’amie écrivain qui a finalement choisi une mise en page convenable pour le carton d’invitation. Elle a approuvé une police Copperplate. J’ai tout faxé à l’imprimeur pour qu’on puisse me préparer un devis. On a travaillé aujourd'hui sur le devant de la maison, où la pourriture du bois est moins avancée qu’on ne craignait. On a remplacé les encadrements pourris des fenêtres avec de nouveaux.

J’ai regardé quelques minutes le témoignage offert par le général Taguba sur l’enquête qu’il avait menée sur la torture (oui, c’est ça le mot) pratiquée dans la prison d’Abou Graïb. Il a l’air correct, il a fait son travail. En ce qui concerne les autres, alors là, c’est bien autre chose. Des lèche-cul professionnels. Et ce sénateur Inhofe, idiot (typiquement) républicain d’Oklahoma, m’a fait hurler de colère quand il a prononcé son commentaire bête.

C’est vrai, je ne peux ni ne veux pas regarder la vidéo de décapitation de l’Américain Berg. L’idée même me fait frémir de dégoût. C’est quand même curieux qu’il avait été arrêté d’abord par les Irakiens, puis rendu aux Américains, et ensuite repris par des affiliés d’al-Qaïda. Un trajet curieux et en fin de compte triste.

Comments

Je partage ton horreur et ton dégoût pour cette abomination. Le récit de l'agence Reuters m'a levé le coeur. Ce qui est triste, c'est que les scandales à répétition donnent du grain à moudre aux psychopathes qui se revendiquent d'Al Qaeda. Il n'y a plus qu'à espérer que la réplique américaine demeurera dans le droit. Mais c'est ma naïveté maladive qui me fait parler, nous ne sommes plus dans le droit depuis le début... Amitiés. Une caresse à la pauvre Betty!

C'est clair qu'on ne sait pas vraiment ce qu'on fait là-bas en Irak (un article dans le Times d'aujourd'hui le souligne), ce qui donne à toute personne ayant un grief contre les É-U l'occasion d'agir dans de façons trop souvent dégoûtantes. Ça me donne mal à la tête d'y penser trop longtemps. On a relâché les otages russes, ce qui est bon signe, j'espère. Pour le reste, je n'en sais rien — mais je sais que Betty a beaucoup de chance à rester à la campagne pendant les travaux sur la maison !