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Au gymnase « Les Troyens »

Les diverses critiques du film « Troie » en disent beaucoup sur les valeurs esthétiques, culturelles et cinématographiques de leurs pays d’origine. Dans le Times d'aujourd'hui, le critique A O Scott apprécie avec humour « a hugely muscled Brad Pitt modeling the latest in Hellenic leisure wear »

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Mais qu'est-ce qu'on doit suer en portant cette veste pendant la séance d'aérobic !

L’éducation américaine a depuis un demi-siècle laissé tomber l’étude du grec antique et du latin (l’enseignement de l’allemand a disparu des écoles et des universités dès le début de la guerre de 1914 — en fait dès 1917 pour nous ; pour le français il reste encore une douzaine d’années — peut-être) donc il est peu question chez nous de rester fidèle à l’épopée homérique dont le grand public ignore la version originale. Scott prend parti assez ironiquement en faveur des « Hollywoodiens » qui verront surtout dans l’histoire de ces Grecs maraudeurs les suites et les « prequels » qu’il leur reste à filmer. Il termine sa critique en prévenant Eschyle de donner un coup de téléphone à son agent.

Pour le critique du Telegraph à Londres, où les traces d’une éducation dans la littérature classique ne sont pas encore tout à fait éteintes, le film est une orgie d’arrogance, une arrogance sous-entendue américaine (via Hollywood). « What's more » Tim Robey remarque avec un ton acide très britannique, « Patroclus (the insipid Garrett Hedlund [ndlr, pas si mal que ça, à mon avis — voir en bas]), clearly the soulmate of Achilles in Homer, has morphed into his cousin, and they're so anxious not to be misconstrued that they spend most of the movie avoiding each other's gaze. »

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Quoi, je le trouve assez beau gars, moi, ce M. Hedlund, et non pas « inspide » comme le dit ce sacré critique méchant, qui en est sûrement jaloux !

Soulmate ! Mon œil ! Voilà un bel euphémisme. Patrocle, c’est le « beloved companion ». Le critique du Guardian ouvre son commentaire avec une scène imaginaire de studio hollywoodien, dans laquelle un infortuné propose qu’Orlando Bloom joue le rôle de Patrocle amoureux de l’Achille de Brad. (Un des multiples gardes du corps de M. Pitt s’occupe de ce cinglé aux idées désagréables.) Un correspondant français à Cannes commente dans Le Monde « Quant à la nature des liens qui unissaient Achille à Patrocle, c'est très simple : le bouillant guerrier était en fait le baby-sitter de son jeune cousin, c'est pour cela qu'il fut pris d'une telle colère lorsque Hector l'occit. » Ah, oui, maintenant je vois.

Mais bon, on est tous d’accord, cela ne se fait pas que le beau mari de Jennifer Anniston puisse jouer le rôle d’un homo même très très très guerrier ! À San-Francisco on comprend que ce film n’est pas pour ceux qui ont lu l’Illiade et qui s’attendent à une cinématisation de l’histoire tragique mais plutôt pour ceux qui « want to see Brad Pitt in a tunic. » Moi je veux bien voir M. Pitt habillé en tunique, je l’avoue, mais je me demande si finalement je ne devrais pas attendre la sortie de la version Falcon de cette jolie épopée « sword-and-sandals » .

Comments

très bon billet!
Comme toi j'attendrai la "sortie Falcon"...
Après les libertés historiques hollywoodiennes, notons les jolies coupes de cheveux oréalienne.

C'est quelle coupe, ça ? « Oréalienne », je ne connais pas ce style.

just "L'Oréal"

a+

Merci de la « clarification », con hielo, mais tu n'aurais pas un petit lien pour montrer aux ignorants de quoi il s'agit, cette coiffure intrigante ?