« Merci, Cannes ! | Main | Bush ne vend pas assez de pubs »

Je viens de rentrer de la gare où j’ai déposé le copain qui rentre ce soir à New-York par le train — nous avons traversé un de ces orages d’été énormes où il y avait plein de foudre et de tonnerre et une pluie torrentielle. On roulait à 60 à l’heure sur l’autoroute et on a failli manquer le train, qui était heureusement en retard. Betty venait avec nous — elle a énormément peur du tonnerre, ça la rend folle et tremblante, ça fait de la peine de la voir.

La belle-mère du copain va à l’hôpital demain matin pour se faire opérer pour un cancer aux poumons qu’on a découvert il y a quelques jours lorsqu’elle a subi une imagerie de résonance magnétique. On va essayer de l’enlever demain et elle restera à l’hôpital pendant cinq jours. Nous lui avons souhaité bonne chance — il n’y a vraiment rien à faire, elle ne veut pas de fleurs, ni de visites (elle ne veut pas qu’on la voie avec des tubes dans le bras et tout et tout, car elle est très fière de son aspect physique).

Le commentaire du journaliste Andy Rooney vient à la fin des émissions de 60 Minutes, un célèbre journal d’actualités présenté par la chaîne CBS dimanche soir à 19h heure de l’Est. Ce soir je n’en ai capté que les dernières deux ou trois minutes à la radio WCBS de New-York en attendant le copain dans la voiture, mais même ce court morceau m’a frappé. Voici comment M. Rooney a terminé ses remarques :

In the history of the world, several great civilizations that seemed immortal have deteriorated and died. I don't want to seem dramatic tonight, but I've lived a long while, and for the first time in my life, I have this faint, faraway fear that it could happen to us here in America as it happened to the Greek and Roman civilizations.

Too many Americans don't understand what we have here, or how to keep it. I worry for my grandchildren, my great-grandchildren. I want them to have what I've had, and I sense it slipping away.

Have a nice day.

Il y a quelque chose qui se passe ici, on le sent partout. Maintenant on en parle sur la télévision.

Comments

Une prise de conscience profonde peut être ?
J'espère, j'aime tant les E.U. et j'ai tant mal pour eux...

Ce qu'Emmanuel Todd tente de démontrer avec de solides arguments dans "Après l'Empire".

Furyo a peut-être raison — il y a beaucoup de monde ici aux É-U qui en a marre de se faire considérer comme des tortionnaires internationaux — ou pire. Et forcément l'on n'est pas content avec ceux qui nous ont poussés à nous présenter comme tels. Il y a sûrement un sentiment de dégoût qui se généralise même chez les conservateurs (au moins où j'habite, dans le nord-est du pays). Prise de conscience ? Espérons-le.
AQB, j'ai beaucoup entendu parler de ce livre (traduit en anglais, d'ailleurs) mais j'avoue ne pas l'avoir lu.