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L'exode de masse

Il pleut sur New-York, ce qui rendra la circulation encore plus pénible, ce soir de début de la fête du Jour de commémoration qui marque le début « traditionnel » de l’été beaucoup plus qu’une journée de réflexion aux morts pour la patrie. (En effet, dans le sud où j’ai vécu, on n’a jamais célébré cette fête, qui était probablement trop yankee pour nos goûts de confédérés battus). Mais dans le Nord-est, c’est le grand début de saison estivale, le premier jour pour les locations de maisons secondaires tout au long des côtes de l’Atlantique et des Grands Lacs, ainsi que dans les forêts et les montagnes de Pennsylvanie, de New-York et de la Nouvelle-Angleterre. Ce soir, c’est l’exode en masse, et avec la pluie, ça va être affreux ! Nous, par contre, pour une fois, nous restons en ville ce soir pour dîner avec un ami qui arrive de Londres. On espère l’emmener manger dans un nouveau restaurant chic du quartier des grossistes de viande mais on n’a pu que laisser un message au répondeur ce matin, on ne nous a pas encore « agréés » pour avoir une table à 21h — l’ami londonien est, lui, très chic et branché, mais nous, hélas, c’est bien autre chose…

De toute façon, on partira demain pour la campagne, où la saison commence avec des cocktails et des dîners sur deux soirées de suite. C’est un peu le marathon mondain ! J’ai passé une bonne partie de la journée d’hier à adresser des enveloppes pour des cartons d’invitation pour une garden-party offerte par l’amie écrivain en faveur du jeune maire de notre village. C’est une fête de lever de fonds pour sa campagne, ça coûte 40 $ par personne (de grands débats sur le montant — trop élevé pour certains, trop bas pour d’autres). J’ai posté une bonne partie des invitations hier après-midi ; l’amie partenaire en course à pied va écrire des petits mots sur plusieurs cartons qu’on postera demain ou dimanche. On invite à peu près 300 personnes — évidemment on ne sait pas combien vont accepter à venir. S’ils acceptent tous, il va falloir beaucoup de canapés ! L’amie écrivain a choisi des œufs farcis (canapé plutôt vieilli qu’elle trouve toujours très à la page), des beignets de crabe et de morceaux de filet mignon sur des petites tranches de pain grille avec une sauce crème au raifort. Heureusement ce n’est pas moi qui dois m’en occuper.

On parle beaucoup dans les carnets du discours de Gore sur l’état de l’État dans lequel il a demandé que prenne fin ce « long cauchemar national » qu’est l’administration Bush. Hier j’ai versé 250$ à la campagne de M. Kerry pour aider à arriver au même but.

Avons-nous été les dupes des Iraniens et des Israéliens ? Cet article trouvé ce matin chez Cursor décrit les rapports pour le moins curieux qui existeraient entre les républicains de Bush père qui sont toujours parmi nous, les Iraniens et les membres du parti Likud en Israël.

Les menaces terroristes élevées citées par l’avocat général Ashcroft ne sont-elles qu’une préparation pour une suspension du scrutin de novembre comme suite à d’éventuels attentats sur le sol américain ? C’est-ce que pensent beaucoup de commentateurs chez Kevin Drum sur ce billet récent à propos du « crapaud » Ashcroft.

Et pour terminer avec une dernière personnalité délicieuse, on n’excuse pas la rédaction actuelle du Times de ne pas avoir nommé Judith Miller, la journaliste qui avait signé quatre des six articles actuellement sous examen d’authenticité pour avoir trop encouragé l’intervention militaire américaine en Irak en se servant de « données » non confirmées. Selon un billet de Steve Gilliard, Mme Miller était « long known for doing her best reporting on her back ». Là-dessus je professe mon entière ignorance (mais j’avoue que cela ne me surprendrait point). De toute façon, c’est sûr qu’elle était — et reste — grande tacticienne de salle de rédaction, qui ne l’a toujours pas renvoyée — elle la connaît peut-être trop intimement ? (C'est pareil dans toutes les boîtes, n'est-ce pas ?)

Comments

C'est plus que probable, elle doit en savoir des choses.

Ce que tu pressens pour le scrutin de novembre n'est pas très rassurant. J'espère bien qu'ils n'oseraient (oseront?) pas aller jusque-là.