Une politique d'occasion
Ça fait deux jours de suite que j’entends à la radio (ce matin sur l’émission quotidienne de Brian Lehrer sur la station WNYC et hier sur l’émission Fresh Air présentée par Terry Gross) des interviews avec un certain James Bamford, journaliste et ancien producteur de télévision, qui vient de sortir un livre sur les (fausses) raisons de la guerre en Irak au nom de « A Pretext for War ». Ce monsieur Bamford n’est pas grand orateur mais dans les remarques qu'il a faites lors des deux émissions, il a décrit l’existence d’un projet nommé A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm préparé par The Institute for Advanced Strategic and Political Studies et proposé au gouvernement israélien de Benyamin Netanyahu en 1996. Parmi les noms des auteurs de ce rapport figurent ceux de Richard Perle, Douglas Feith, et David Wurmser. M. Perle, grand ami et protecteur de Chalabi, a démissionné tout récemment du Defense Policy Board, M. Feith est devenu sous-secrétaire de la défense chargé de politique, et M. Wurmser actuellement fait partie de l’équipe du vice-président Cheney pour les affaires au Moyen-Orient. M. Netanyahu avait rejeté le scénario d’une guerre préemptive déclenchée par Israël contre le Liban, la Syrie et l’Irak. N’importe. Les auteurs de ce plan, qui ressemble à une sorte de « Greater Israel Co-Prosperity Sphere », ont attendu le bon moment quand, aux États-Unis, ils ont pu « revendre » le fruit de leurs « recherches » sur la sécurité au Moyen-Orient. Ce moment, c’était l’avènement de Bush à la Maison-Blanche. L’attentat terroriste du 11 septembre leur a simplement fourni la justification qu'il leur manquait. C’est pourri. Mais ne vous inquiétez pas — les funérailles hystériques de Reagan vont sûrement submerger ces petites nouvelles désagréables.