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Promenade virtuelle

Dans un effort d’éviter le plus possible tout contact médiatique avec les funérailles de Reagan qui se déroulent ce matin à Washington, je me suis promené un peu dans de nouveaux coins de la carnetosphère politique, à commencer par ce carnet politique au nom révélateur de the rude pundit, dont je signale le billet extraordinaire (attention, pas pour les prudes ou les adorateurs du feu président) intitulé « Le cadavre de Reagan ». Chez ce « pontificateur grossier » (c’est quoi, vraiment, la traduction française de « pundit », lui-même mot d’origine hindoue ?) j’ai trouvé le site marrant de Blonde Sense, une blonde qui habite la banlieue de New-York, dans la Long-Island (devrait-on écrire l’Île Longue ?) et qui a la langue un peu verte elle aussi. À partir de the rude pundit, j’ai aussi trouvé le carnet d’un journaliste que j’avais connu dans une vie passée — il s’appelle The Swami Uptown (le Swami qui habite un des quartiers en dessus de la 59e rue). Dans le temps il a travaillé pour New York magazine (il bosse actuellement pour AOL où il est « editorial director », dites donc), il était fort ambitieux, je le voyais de temps en temps chez des amis très branchés. Maintenant il tient un carnet web qui paraît assez intéressant.

C’était par l’intermédiaire de The Raw Story, revue d’actualité et d’opinion liée toujours par the rude pundit, que j’ai trouvé cette histoire curieuse (et ridicule) d’une organisation basée au Texas (à quel autre endroit) qui cherche à organiser une émigration intérieure de chrétiens fondamentalistes vers l’état de Caroline du sud. Une fois installés dans l’état, où ils comptent, un peu comme les Mormons à l’Utah mais en plus révolutionnaires, saisir les rênes du gouvernement et le forcer finalement à quitter l’Union fédérale des États-Unis pour donner un état véritablement chrétien. (Ignorent-ils vraiment le fait qu’on a déjà essayé de faire pareil — et que c’est en Caroline du sud que l’effort raté a commencé ?) L’exode chrétien propose la prise politique de la Caroline du sud parce que, selon son site web, l’état serait déjà favorable à leur action, prévue en 2007. En effet, ce n’est pas si mal que ça en Caroline du sud. Il y a l’île de Hilton Head, transformée en Éden sablonneux bourgeois, il y a Charleston, véritable univers à part, il y a la plage de Myrte avec ses luna-parks et ses motels prolos réaménagés en « hôtels populaires ». Ma grand-mère a longtemps habité une petite ville industrielle du nord de l’état, où se trouvaient les filatures à coton qu’on faisait marcher avec la puissance hydro-électrique au long de la « ligne de chute » du Piémont appalachien. On y était tous très dévots (au moins officiellement) et on payait la cuisinière (noire bien sûr) la grosse somme de 45 $ la semaine pour passer la plupart de sa journée devant les bains-marie dans lesquels elle préparait des « grits » (aliment presque inconnu à nous, citadins urbains (bon, c’est beaucoup dire, je sais, mais par comparaison avec l’endroit où habitait ma grand-mère…) d’Atlanta, fière capitale du Nouveau Sud où l’on a bien voulu laisser tomber les vestiges « folkloriques » du passé sudiste) pour le petit déjeuner. (Ma grand-mère pourtant n’en prenait jamais, donc c’était pour nous, qui y avons ajouté du beurre et du bacon. Mes sœurs en rafalaient, moi, je le trouvais plutôt lourd. Il l'est.)

Comments

Que veux-tu dire par "à quel autre endroit"? Jcrois qu'il y a pluisiers d'autres états plus fondamentaliste que Texas.

De plus, tu as manqué ceci: Reagan, le joeur de basket.

Pitié, ne dis pas "l'ile longue". what would you think about a frenchie who would tell you something about "nice island"?

Tres joli, l'Ile Longue...

pundit: pontife (m)

Je ne le nierai pas: j'ai quelques préjugés bien conventionnels contre le Texas, surtout quand je lis des phrases sur des autocollants comme celle-ci « Don't mess with Texas » — et pourquoi pas ? Le Texas ne fait plus peur à personne. Les banques new-yorkaises (Chase, Citibank) ont acheté toutes les banques texanes en faillite pendant les année 80, Enron s'est explosé, Bush se veut « vacher texan », M. Delay triche n'importe comment et est en train d'être inculpé par le Congrès. Sans la découverte de la climatisation, le Texas serait invivable. C'est un peu pourquoi je ne suis pas surpris d'apprendre qu'une nouvelle folie religieuse (Waco), politique (fuite des représentants), ou autre ait commencé au Texas. Par contre, j'ai passé de très bons moments à Houston, j'ai pas mal d'amis texans, j'adore l'accent et on me dit qu'Austin serait un paradis bien à part du Texas bushiste. Voilà, je me révèle donc coupable.

Pour la traduction « pontife » pour l'anglais « pundit » tu as probablement raison mais je trouve que pontife c'est un peu calqué sur l'anglais « pontificator » — le Larousse donne « expert », ce qui n'est pas toujours juste, on le sait. Moi je dirais plutôt « intellectuel médiatique ». Mais c'est lourd.

Finalement, je ne trouve rien de (trop) mal à Île-Longue, gVgVsse. Ouais, c'est un peu plat comme description mais même en anglais, « Long Island » n'a rien d'original — c'est seulement l'habitude qui nous a fait penser à cette île particulière. Si on la renommait Île de l'Intempérence?...

« Don't mess with Texas » veut dire qu'on ne devrait pas jeter de détritus surs les rues, pas que les Texans veulent battre avec quelqu'un. Oui, il y a beaucoup d'imbéciles qui viennent de Texas, mais il est un état très grand aussi. Ne le juge pas par Bush et Enron.

mallarmé, tu as raison (mais je ne crois pas ton interprétation de la devise texane qu'on trouve plutôt, euh, agressif ici à New-York). Et on en a des imbéciles chez nous aussi — je t'offre notre gouverneur Pataki comme exemple idéal ! Il faut dire à David que j'ai bien vu la photo de Reagan joueur de basket chez vous, mais comme je ne suis pas le basket, je n'ai pas bien compris de quoi il s'agissait. Désolé !

Ce n'était pas mon interprétation de la devise. C'est exactement ce qu'il veut dire. Tu peut le voir ici:

http://www.dontmesswithtexas.org/

Ouais, c'est un peu agressif, mais ce n'est que pour les gens qui laissent des détritus dans les rues.

Mais, parce que je suis Texan moi-même, si tu veut un combat, je te le donnerai. :)

Mallarmé, je viens de faire un peu de recherche sur le slogan et cela confirme ce que tu as dit. Je me suis trompé de l’usage original de la phrase. Mais je ne suis pas le seul, d’après cet article. Bon, on laisse tomber la guéguerre texane, d'accord ?

Oui, bien sûr. Vraiment, je m'en fiche- je ne voulais que tu saches la vérité. :)

Mallarmé, c'est peut-être le sens originel, mais on sait très bien au Texas que c'est aussi utilisé dans le sens de ne pas "chercher d'embrouille" avec le Texas...
Une anecdote amusante: nous étions sur l'autoroute en direction de la Nouvelle-Orléans et en quittant l'état du Texas nous avons vu ce panneau: "Terrorists, don't mess with Texas!".....
Ha ha ha ha, mon cher et moi étions morts de rire, les Texans sont vraiment drôles non?!? Mes amis européens tirent une gueule de 2 pieds de long quand je leur raconte. Semble qu'ils ne comprennent pas l'humour texan..