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Mauvaise humeur

Je ressens en ce moment un malaise mal défini : les aboiements maniaques de ces anciens combattants saisis de la rage républicaine qui leur permet d’énoncer toutes sortes de mensonges me donnent mal à la tête. Pour eux, la vérité ne compte pour rien, il faut mentir, mentir, mentir afin d’arriver au but, qui est de compromettre finalement le dossier du service militaire de Kerry. Et cela de la part d’un groupe dans la paie de Bush, ah la la, il faut avoir du culot. Avec une presse pleinement assujettie aux pressions politiques de cette administration voyou, il n’est pas difficile à deviner comment les journalistes vont traiter les manifestations éventuelles qui auront lieu ici à partir de cette fin de semaine. Pour la plupart des journalistes, ce ne sera que des anars dans les rues (scénario prévu par le cynique Rudepundit, qui lui serait contre toute manifestation publique en signe de dégoût hautain — a-t-il raison ?) et les républicains les accuseront de bien vouloir l’élection de Kerry. Le rapport sur la torture à la prison d’Abou Ghraib semble indiquer une culpabilité générale de Rumsfeld mais ce sera sans doute trop flou pour pouvoir le poursuivre. Les marines vont bientôt reprendre le mausolée de l’imam Ali, ce qui sera salué ici comme une grande victoire de la politique de Bush, tandis que les propagandistes du gouvernement provisoire insisteront qu’il s’agit d’une victoire gagnée par les gardes nationaux irakiens. On commence les « procès » à la base de Guantánamo : toute personne de conscience sait très bien que ce ne sont pas de procès légalement acceptables, mais on commence à se fatiguer de gueuler, gueuler pour rien. La lâcheté morale de Bush, décrite à merveille dans ce billetextraordinaire de Josh Marshall, devient vraiment opprimante ces derniers jours de l'été.

Comments

C'est Pierre Dac (je crois) qui disait: la justice militaire est a la justice ce que la musique militaire est a la musique ...

Une petite note d'hunour pour ce billet qui me semble un peu trop sombre.

Rien de nouveau sous le soleil. Ainsi va le monde. Dans toute bataille électorale, combien de force, frémissement respectueux, ménagement, attention forte, vigueur intense, zèle, labeur, abnégation, il est exigé de celui qui ose d’y voir quelque chose de sensé ? Pour le moment, on n’est pas sorti de l’auberge.

Ben, ça m'arrive de temps en temps ces jours-ci — quand on a raz le bol de toutes ces histoires idiotes.

Eliots, je suis bien d'accord avec toi — et il nous reste encore deux mois d'atrocités connues et inconnues. C'est quand même un peu fatigant, et avec le suffrage électronique (par exemple) ce n'est même pas sûr que celui avec le plus des voix va finalement gagner !