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Encore un début de saison

À force de suivre l’actualité changeante d’avant-hier avec toutes les accusations et les réponses (la chaîne CBS insiste toujours sur l’authenticité des documents présentés au public le mardi soir dernier malgré les « preuves contradictoires » offertes par la veuve de l’officier défunt qui dit qu’il n’était pas « a paper person »), j’ai oublié de noter qu’on a bravé les éléments (traces pluvieuses de Francesse) hier soir en nous rendant, le copain et moi, aux cinémas Clearview dans la 23e rue où l’on a vu Bright Young Things réalisé par Stephen Fry d’après le roman Vile Bodies d’Evelyn Waugh. On en a été un peu déçu — non pas par les acteurs (excellents), ou par les décors des années 20 et 30 dans le beau monde de Londres (très beaux), ou par les costumes et la musique (excellents aussi, avec beaucoup de chansons de Noël Coward), mais dans l’ensemble, on se souciait peu des destins des personnages. Le suicide d’un jeune échotier aristo à la suite d’un échec mondain un peu idiot ne suscite aucune émotion — en fait, le type n’était pas aimable, un peu pathétique, oui, mais on présente son acte comme une sorte de blague finale contre les gens qui l’ont laissé tomber. C’est curieux — c’est probablement une bonne (c’est-à-dire une vraie) représentation d’un suicide, mais dramatiquement cela ne marche pas. On a l’impression d’assister à un fait divers qui ne touche en effet personne à part le jeune homme qui met sa tête dans le four à gaz tout comme s’il se mettait tranquillement au lit. C'était probablement l'effet cherché mais ça nous a laissés assez froids.

Hier c’était le début de la saison dans les arts plastiques à New-York (jeudi c'est le jour préféré des vernissages à Manhattan) — il y avait des vernissages d’expositions un peu partout, mais surtout à Chelsea. Le copain et moi nous avons décidé de profiter du beau temps pour faire un tour chez quelques galeries d’amis.

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Le nouvel Hôtel Gansevoort

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Le carrefour de la 14e rue ouest et la 9e avenue

On a monté la 9e avenue jusqu’au Chelsea Market, qu’on a traversé au rez-de-chaussée pour sortir dans la 10e avenue, déjà pleine d’esthètes à la recherche du dernier art du moment et du vin blanc ou de la bière qu’on offre avec.

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En montant la 10e avenue

On est passé chez la http://www.artnet.com/Galleries/Home.asp?G=&gid=504&which=&rta=http://www.artnet.comgalerie Elizabeth Harris pour voir l’expo du peintre Pat Lipsky, qui a présenté une série d’élégants tableaux géométriques.

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Un tableau de Pat Lipsky

Après de courtes visites à de nombreuses galeries, on s’est détendu un peu à la galerie de l’ami galeriste, où l’on présentait deux peintres.

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Ah, les vernissages... plaisir ou malheur ?

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Les lumières de la ville — tableaux qui représentent les lumières de New-York depuis l'Empire State Building — peints par Colin Brown

Moi j’ai bavardé avec le nouvel assistant de galerie, aussi charmant qu’hétéro.

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C'est le devoir des jeunes de supporter les vieux (comme moi) avec un gentil sourire

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Les foules entrent et sortent dans les galeries de la 25e rue ouest

On a continué notre exploration dans la 25e rue ouest en passant d’abord chez la galerie George Billis, où l’on a remarqué les œuvres en porcelaine curieuses de l’artiste George Alexander et ensuite chez Mitchell Algus, grand galeriste excentrique, où on montrait les derniers tableaux du peintre également très excentrique Harold Stevenson.

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De la garniture de table dans le style de Jeff Koons ?

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Il est toujours de bon goût de se promener en compagnie d'un très beau mec en pantalons striés de sport — désolé pour le manque de clarté dans la photo — j'étais évidemment trop ému par, euh, par les tableaux

Un ami du peintre, Dotson Rader, écrivain et journaliste, célèbre surtout pour son amitié avec l’auteur dramatique Tennessee Williams sur la vie duquel il a écrit un livre, est venu avec son ami très beau pour saluer M. Stevenson, tout content de l’adulation — il y avait des photographes et un vidéographe à commémorer l’événement, dont moi-même.

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Détail d'un tableau de Stevenson — le modèle, dans un accès de folie ? de furie ? avait coupé d'autres portraits avec un couteau, dans l'atelier du peintre à Southampton — il se trouvait là, quand même, au vernissage

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Le peintre dandy, originaire d'Oklahoma, qui a vécu une vingtaine d'années à Paris avant de rentrer à New-York pour s'installer définitivement aux Hamptons

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Le peintre offre une fleur rouge à M. Rader devant un tableau d'un jeune homme qui fait pipi

On n’a pas pu y rester trop longtemps, tellement il faisait chaud et lourd dans la petite pièce. Le copain et moi nous avons finalement dîné dans un resto indien en fin de compte assez médiocre dans la 8e avenue (il n’y a vraiment aucun bon restaurant indien dans le West Village ou dans Chelsea, il faut aller au quartier indien et bengali centré au 26e rue et l’avenue Lexington ou dans l’East Village) avant de rentrer chez nous.

Comments

Ces photos prolongent agreablement mes vacances a NY. Merci!

J'aime la canne à boule du peintre.

"C'est le devoir des jeunes de supporter les vieux (comme moi) avec un gentil sourire"

Vivement juin prochain que je retrouve tout cela et merci pour les images.

"Vile Bodies" est sans doute le roman le plus inénarrable de la littérature en anglais. La scène de la suicide, précédée par l'incroyable chant du cygne de l'échotier foutu, est peut-être une merveille à lire, mais non pas à voir.

J'adorerai voir ces tableaux des lumières de la ville. Le dernier tableau aussi d'ailleurs. Merci (encore!) pour ce récit.