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La maternelle — à perpétuité

Il fait un temps infect — conséquence du cyclone Jeanne, dont la prononciation courante a été ajoutée par l’amie écrivain à la catégorie toujours croissante d’imbécillités agaçantes » contre lesquelles il est inutile de se battre — voici sa raison : en anglais, il existe un nom de femme très répandu qui s’écrit Jean et se prononce plus ou moins « djinne ». Le nom de femme « Jeanne » qu’on avait donné au cyclone qui a suivi Ivan est indubitablement un nom d’origine française et devrait donc, d’après la logique implacable de l’amie écrivain, se prononcer plus ou moins « jâânne » ou à la française, pour le différencier du nom de femme Jean. Mais chez nous, à la télévision, on prononce immanquablement Jeanne comme « djinne ». Ce qui la rend folle, l’amie écrivain — il faut reconnaître qu’elle est un peu sensible à ce genre d’outrage à la logique.

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Une maison turquoise

Bon, on a eu presque 9 cm de pluie depuis hier soir — ce qui est bien peu, c’est vrai, en comparaison avec l’échelle floridienne, mais ça lasse finalement.

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Une grange un peu délabrée qu'on a passée, le copain et moi, pendant sa course à pied d'entraînement (de 35,5 km !) pour le prochain marathon de Philadelphie en novembre, à travers les champs — chuis pas idiot, moi, je l'accompagnais à vélo !

Je dîne ce soir avec ma mère, que je n’ai pas vue depuis quelques semaines. Ma sœur m’a téléphoné hier soir, un tout petit peu grise, je crois, pour me dire que la môman était tombée il y a quelques jours en sortant du lit. Pas gravement, mais elle s’est fait du mal au coude (elle a la moquette partout dans sa chambre et elle ne se souvient pas de s’être cogné contre les bords de la table de chevet, mais bon, il y a toujours des mystères). On va installer donc ce matin un de ces systèmes d’appel d’urgence Lifeline. Là, pas de problème, on est tous d’accord dans la famille. Mais ce qui a surtout ennuyé ma sœur (et mon autre sœur aussi avec laquelle je suis moins ami) c’est que les noms de son « homme à tout faire » et de sa femme de ménage se trouveraient en tête de liste des gens à avertir automatiquement en cas d’urgence et non pas celui de la sœur qui habite à 30 minutes de chez ma mère. Ah la la, la crise familiale explose.

Un bref appel téléphonique ce matin pour confirmer le rendez-vous de ce soir. Ma mère m’annonce l’installation du truc Lifeline. Je lui remarque en passant que son choix de « gens à avertir » n’a pas tellement plu à ses filles. « Ah, bon ? Je ne savais pas. » « Ben, oui. » « Mais X habite tout près et il pourrait plus facilement me soulever si j’étais tombée. » « D’accord, mais je crois qu’ils avertissent d’abord le SAMU et ensuite les gens sur la liste. » « Ah ? On verra. » « C’est pourquoi je préfère qu’on avertisse d’abord [ma sœur] et ensuite les autres — de toute façon, c’est pas X qui va s’occuper de vous, c’est les techniciens médicaux. » « Ah, t’as probablement raison. Bon, je changerai la liste. »

Même pas fâchée, la mère. Et imaginer que ma sœur avait cru (non sans quelques justifications raisonnables, je l’admets) que notre mère voulait culpabiliser exprès ses deux filles ! (Non, non, il ne faut surtout rien conclure de la présence de ces deux livres largement annotés sur la table de chevet de maman : Le prince de Machiavel et Psychopathologie de la vie quotidienne de Freud.)

Comments

terrible, la conclusion !