« La maternelle — à perpétuité | Main | Le débat — premières impressions »

En rêvant un peu d'un Nouveau-Brunswick virtuel

Il faisait frais, presque froid, et il y avait plein d’étoiles dans un ciel sombre et dégagé des nuages de la matinée. En rentrant en voiture de chez ma mère j’ai eu l’occasion de trouver une station de radio de la CBC venant de Moncton au Nouveau-Brunswick, au 1070. C’était bien agréable d’écouter ce doux accent canadien qui m’avisait tranquillement de la météo à l’Île du Prince-Edouard (en degrés Celsius — ce qui fait toujours exotique et effectivement incompréhensible pour nous, les fahrenheitiens). Mais il allait faire seulement 1º quelque part en Nouvelle-Écosse (en aparté je recommande fortement les photos du Cap-Breton liées par Martine — ça ressemble vraiment à la côte californienne en plus boisée). En touchant le bouton de la radio j’ai ensuite retrouvé la grande station de Montréal Info 690 qui pourtant ce soir n’était pas très distincte. J’adore ces petits moments de canadianité (si cela peut se dire) qu’on éprouve dans les parties un peu perdues de la Nouvelle-Angleterre, où, par des nuits fraîches et étoilées, on circule sur des routes désertes à l’écoute de nos voisins du nord, sages et un peu détachés du tumulte d'ici.

L’irréalité particulière de cet endroit m’est confirmée en entrant ce matin dans l’église où on allait célébrer les obsèques d’une vielle femme d’origine portugaise morte à l’âge de 96 ans (quand même !). Sur le parvis j’entends deux femmes sombrement habillées qui se saluent en chuchotant dans un portugais très dialectique originaire des Açores et modifié depuis par les conditions de vie aux États-Unis. Ce ne sont plus que quelques vieillards qui continuent à parler entre eux ce portugais bien particulier.

La messe était, comme toujours, un mélange du beau, de l’ennuyeux, du niais, de l’irrationnel, du vrai et du pathétique — tout à fait comme la vie elle-même, quoi ! N’ayant pas été élevé catholique, je n’ai aucune connaissance approfondie du service religieux catholique à part quelques ressemblances assez fortes avec le service anglican de mon enfance. Je le trouve curieux qu’on chante l’Agnus dei en latin, qu’on prononce le Notre-Père dans la même traduction anglaise traditionnelle (donc un peu protestante, non ?) que la nôtre qui doit dater du 16e ou 17e siècle (tout en laissant tomber la fin « protestante » de « For Thine is the kingdom, the power and the glory, for ever and ever, amen »), et qu’on récite les passages de l’Évangile dans un anglais des plus quelconques — une de ces traductions fades, correctes, où il manque la moindre trace de poésie. Pour les hymnes, c’est pareil — on chante l’Ave Maria de Schubert (le chanteur était atroce — cela a dû horrifier la défunte dans son cercueil, puisqu’elle avait été professeur de musique), le Pie Jesu (chanté par une femme avec du talent), et finalement l’hymne de sortie, un hymne « moderne » et « populaire » qui ressemble grotesquement à la chanson sentimentale pop « The Wind Beneath My Wings » chantée (plutôt mal à mon avis, mais avec le succès étonnant qu’on a vu) par la comédienne Bette Midler.

Et ce soir, le « débat » présidentiel, le premier. On ne s'attend pas à grand-chose.

Comments

plus que les commentaires consultables dans les différents éditoriaux de renom, moi c'est le billet sur Sale bête que j'attends pour savoir comment a été perçu ce fameux (?) débat...

vite! :-)

Voilà, on suit vos ordres ici. J'espère qu'il vous plaira.