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Tout est pour le mieux

« Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » — formule à répéter chaque fois qu'on lit le journal ou qu'on regarde la télévision ou qu'on allume l'ordinateur.

À la longue on est rendu presque insensible, on ne sait plus trop réagir à de nouvelles informations désespérantes, telle la proposition de délocalisation de la torture, solution juridique qui devrait naturellement être impensable par les membres d’un gouvernement civilisé mais qui soulève chez les Bushistes des questions d’ordre technique et légal où serait horriblement absent aucun aspect moral. Est-on devenu tout à fait fou ? On n’aurait pas tort de se poser la question, surtout quand on se rend compte qu’il y a quelque chose qui ne va pas du tout quand le glorieusement southparkien Fafblog laisse tomber l’ironie habituelle et parle tout sobrement, comme il a fait hier ici:

There are important things to read elsewhere especially here and here and here [on retrouvera les liens chez Fafblog]. It's very sad to be getting kind of numb to the idea of legalizing torture in America. Please, please don't let that happen.

Je suis content qu’on puisse en parler dans les carnets, mais il me décourage qu’on en ait besoin. Quelle bande de salauds éhontés, cette administration ! Il va nous falloir combien de temps pour nous purger des saletés immondes qu’ils nous laisseront.

De nouveaux attentats en Égypte et l’otage britannique décapité en Irak — ah, comme c’est beau, ce nouveau monde que Bush nous a préparé — sauf qu’il n’y a pas eu assez de préparation, selon les paroles de l’ancien vice-roi de Bagdad bushiste Paul Bremer, qui avait demandé plus de soldats à plusieurs reprises pour essayer de garantir la sécurité de la nouvelle province de l’empire, demandes ignorées par les responsables politiques de l’administration Bush à Washington. L’absence d’armes de destruction massive en Irak importe peu, il paraît, aux promoteurs de la guerre préemptive — nous, on n’a pas besoin de raisons « justes » pour envahir un pays qu’on n’aime pas. Le simple fait qu’on ne l’aime pas nous suffit pour justifier nos actions. C’est pour cela que tout le monde doit tout faire pour ne pas nous déplaire, sinon on entrera chez eux pour les faire comprendre l’inutilité de leur comportement anti-américain. Hmm, et cela va encore marcher pour combien de temps ?

Les derniers sondages montrent un affaiblissement continu dans les pourcentages en faveur de Bush — à quand la grande surprise d’octobre ? Ou une alerte qui ferait monter l’échelle d’alerte nationale, que l'on suppose favoriserait la campagne de Bush ?

La Miller en taule ? Possibilité heureuse, non pas pour faire peur aux journalistes mais plutôt pour assagir ceux qui se sentiraient excusés d’aucune responsabilité légale de ne pas agir de façon criminelle, en révélant le nom d’un agent secret de la CIA. Ce jugement n’a rien à voir avec les mensonges fournis par son ami Chalabi qu’elle a fait passer comme vérités absolues sur la une du Times pendant l’invasion de l’Irak et pour lesquels le Times a dû s’excuser ensuite publiquement (tout de même sans la nommer, l’amie de longue date du propriétaire du journal Sulzberger qui l’a protégée et la protège toujours, en toute probabilité). Elle n’est rien qu’une carriériste sans honte qui a fait et ferait toujours n’importe quoi pour se promouvoir dans les milieux journalistiques.

Il est toujours agréable de découvrir un carnet politique intelligent et intéressant. Voici « un autre monde » (en français dans le texte), qui, suivant l’exemple d’un tas de carnets français aux allures anglaises, est un carnet américain, rédigé en anglais mais fait au gabarit français (c’est rare et c'est curieux) trouvé dans les liens chez l’admirable Blondesense.

Je ne sais pas à quoi je devrais m'attendre dans le débat de ce soir. Le format me semble un peu étrange — est-ce que cela va vraiment marcher ? On verra...

PS - On est bien allé à l'opéra hier soir pour voir La Rondine au théâtre de l'État. C'était bien chanté, bien joué. Soirée réussie.

Comments

Merci pour tes mots encourageux, Edouard! Et c'est aussi un peu curieux d'avoir un carnet en français, mais redigé à New York. Super site, et bien sur, j'y reviendrais.
Tu dis de bonnes choses dans ton poste d'aujourd'hui, mais je pense que ce qu'on ne doit jamais oublier, c'est que les revolutions commencent toujours dans la populace, mais s'achèvent au plus haut du gouvernement. It faut continuer à lutter, meme si la lutte est cachée dans nos carnets. A la fin, il y'en aura si tant que personne ne pourra se cacher derrière l'ignorance, ni la passivité.