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Les dernières heures avant le vernissage de mercredi soir

Mercredi soir — vernissage de la Foire, beaucoup de monde, beaucoup de vin blanc médiocre, trois tableaux vendus (heureusement). Vers 22h10 on rentre par taxi (je dépose l’ami galeriste devant son immeuble dans la 23e rue et je continue au Village) et en sortant de la voiture je note le début de l’éclipse lunaire. Le copain est déjà au lit, je mets la laisse à Betty, il se rhabille et l’on sort tous les trois pour regarder la lente disparition de la Lune avec un tas de gens qui comme nous sont sortis de leurs appartements et des restaurants du coin pour regarder le phénomène curieux.

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L'éclipse lunaire photographiée sans flash et aux mains tremblantes — pour de bien meilleures photos, voir le lien cité en haut

Jeudi c’était la première journée de travail normale à la Foire. J’y suis arrivé en taxi vers 11 heures 30 (les chauffeurs de taxi ont réussi à se faire donner une augmentation d’à peu près 26 % de leurs tarifs) et c’est quand même un peu cher maintenant d’aller du Village jusqu'à la 52e rue ouest ($12 avec pourboire). Mais bon, j’avais peur d’être en retard pour l’ouverture à midi. Ma « compagne de stand » — ancienne marchande de tableaux et conseillère en art qui habitait Dallas et dans l’Arkansas vingt-cinq ans avant de déménager avec son mari pour un appartement, joli mais petit, à Manhattan — est arrivée quelques minutes après moi. L’ami galeriste est resté, lui, à la galerie — et c’est mieux comme ça, il nous embête moins (il est nerveux, il nous fait reposer les tableaux par seulement pour combattre son ennui inquiet, il s’énerve contre les vieilles en chaussures de tennis qui passent sans jamais rien acheter, et tout le reste.) On connaît les galeristes des stands autour de nous — deux Anglaises juste devant, une vieille New-Yorkaise, mince, élégante et dure, devant sur la gauche, un ami à moi, jeune pédé, à notre droite, une jolie blonde de la banlieue de Westchester sur notre droite.

Il y avait moins de monde jeudi après-midi. Les œuvres que j’ai vues exposées dans les autres stands m’ont un peu déçues — rien de très extraordinaire.

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La circulation du West Side Highway où le copain est venu me chercher

Il y avait encore un autre cocktail hier soir jusqu’à 21 heures mais j’ai dû partir à 19 heures (en principe pour les collectionneurs moins riches que ceux d’hier soir, mais surtout pour les artistes et les jeunes mariés). Le copain est venu me chercher en taxi sur le West Side Highway et de là on s’est retourné vers le sud jusqu’à la 27e rue et la 7e avenue, où se trouve la galerie du Fashion Institute of Technology. On avait reçu des cartons pour le vernissage de l’exposition The Couture Accessory, expo organisée par une amie d’une grande amie à nous. Il y avait plein de femmes habillées en voiles, en grands chapeaux extraordinaires et en robes curieuses, mais belles — et les accessoires dans l’expo étaient extraordinaires eux aussi.

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Vue de l'extérieur du musée de l'Institut de la Mode et de la Technologie

De là on a rejoint l’ami ex-Marine dans un endroit où les arts de la haute couture importeraient peu (il faut des contrastes pour relever la vie, n'est-ce pas ?) — une sorte de fausse brasserie générique dans la place de l’Union pleine de jeunes. On est allé manger ailleurs et ensuite on est allé boire une dernière pinte dans un bar hétéro (sans joli barman jeune, sportif et sexy — c'est le minimum requis des bars hétéros — donc un peu ennuyeux en fin de compte) de la rue Hudson.

Tout le monde est à ce moment très très fatigué de l’élection présidentielle et on attend tous la fin du suspense, qui monte toujours (le dernier sondage Reuters montre une égalité entre Bush et Kerry). L’histoire des explosifs disparus confond plus qu’elle n’éclaire — mais il semble que l’administration s’est encore une fois trouvée piégée par la vérité enregistrée par un journaliste télé de Minneapolis. On l’ajoute tout simplement à la pile de mensonges déjà énoncés. On parle d’un enregistrement vidéo obtenu par la chaîne ABC dans lequel on menacerait Bush et Cheney parmi les 13 personnes nommées. Est-ce un truc des républicains ? On n’en sait toujours rien. On entend des rumeurs de détournement de bulletins de vote en Floride (naturellement) et d’une politique de répression et d’intimidation d’électeurs « minoritaires » en Ohio et dans d’autres états. On n'est qu'au début de l'enquête de Halliburton menée par le FBI — ce ne peut pas être en tout cas une bonne nouvelle pour l'administration.