Les comparaisons ne sont pas toutes odieusess
La grosse dinde que je suis allé chercher hier après-midi et qui se repose actuellement dans le frigo avant de partir avec nous (espérons-le) pour la campagne et le grand repas de Thanksgiving de demain
Il m’est impossible de lire le suivant de cet article du Times de ce matin sans un sourire un peu amer en y voyant une certaine ironie avec une situation récente pareille chez nous.
« Increasingly, a new division has become apparent, defined not by competing political ideologies but by competing economic and political interests and contradictory ideas about what democracy represents.
« In Mr. Putin's Russia, the use of government resources on behalf of loyal candidates or the state's control over the media - both factors criticized by international observers in Ukraine - are accepted tools of politics. So is wielding the president's personal prestige, carefully preserved on those state channels, to influence elections, even those outside the country's borders.
« Mr. Putin stepped on accepted diplomatic protocol by campaigning so overtly on Mr. Yanukovich's behalf, playing host to him in Moscow and visiting Ukraine before each round in the election. Imagine the reaction if President Vicente Fox of Mexico had hit the campaign trail for President Bush, or the reverse. »
Comme chez nos amis ukrainiens, nous nous voyons avec des sondages de sortie qui diffèrent curieusement avec les supposés résultats finals. Comme chez eux, nous avons une division sociale qui se définirait non pas tellement par des idéologies politiques, mais par des intérêts économiques (savez-vous épeler Halliburton ? les médicaments canadiens sont dangereux, il faut acheter américain même si c’est beaucoup plus cher). Comme chez eux (et comme chez leurs voisins les Russes), l’utilisation des ressources du gouvernement (FCC, département de la sécurité de la patrie) et la domination des médias (la chaîne Fox, le Washington Times, Clearchannel, la chaîne Sinclair) afin de promouvoir un candidat sont des outils « reconnus » de la politique.
On se dit choqué (« so overtly » — mais dites donc) par l’ingérence de M. Poutine dans la campagne ukrainienne et l’on se demande en toute naïveté (qu’il fait bon d’être journaliste chez le Times — ce nom respecté cachera toutes les bêtises que vous écrirez) comment les électeurs réagiraient d’une éventuelle intervention électorale par le président mexicain M. Fox dans la nôtre. Mais M. Blair est venu chez nous plusieurs fois pour nous encourager à soutenir son partenaire de crime sans le moindre cri d’outrage ou d’ingérence illégale.
Les Ukrainiens ont tout l’honneur de reconnaître vivement ce qu’ils sont en train de perdre, tandis que chez nous, on n’ose pas trop se plaindre, on ne serait que des « sore losers ».
Comments
loin de politique, happy Thanksgiving day !
Posted by: wam | novembre 24, 2004 08:40 AM
Et quand les sondages sortie des urnes donnent le candidat démocrate gagnant et que le décompte des voix donne le candidat du pouvoir gagnant avec une avance de 3 points, les Ukrainiens défilent nuit et jour sous la neige pour manifester, eux :-D
Posted by: Oli | novembre 24, 2004 08:16 PM
il se passe de drôles de choses en ukraine...
Et bon appetit, quelle belle dinde.
Gianfranco ramoser
Posted by: gianfranco ramoser | novembre 25, 2004 04:53 PM
Tu aurais du mettre ta main à coté de la belle dinde pour nous donner l'échelle de la bête !
Posted by: Olivier | novembre 27, 2004 12:44 PM