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Brèves littéraires et autres

La semaine dernière j’ai terminé la lecture du roman « The Line of Beauty » d’Alan Hollinghurst. On y trouve de beaux effets, de fines réflexions de la nature humaine, par exemple dans cet extrait : « Oh…said » Nick, and colored with proxy embarrassment, with the shame Treat should have been feeling. » (« ... et il a rougi d'une gêne de procuration, de la honte que Treat aurait dû sentir », c'est beau, non ?) Ainsi que de commentaires sociaux acerbes et exacts : « The pelmets and mirrors, the spotlights and blinds, seemed rich in criticism. It was what you did if you had millions but not particular taste : you made your private space like a swanky hotel ; just as such hotels flattered their customers by being vulgar simulacra of lavish private homes. » ( « Les cantonnières et les glaces, les spots et les jalousies, semblaient riches en critique. C'est que l'on faisait si l'on avait des millions mais on n'avait aucun goût particulier : on crée son espace privé comme un hôtel chichi ; de la même façon que de tels hôtels flattaient leur clientèle en étant des simulacres de luxueuses maisons particulières »). C’est bien écrit, les personnages, comme dans les romans d’Austin ou de Trollope, n’osent que très rarement s’exprimer directement. Ça sent aussi Henry James, l’une des idoles du romancier. L’histoire du jeune homme Nick ne m’a pourtant pas tout à fait emballé et sa chute m’a laissé un peu froid.

Hier je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter un petit livre de poche sur les Spartiates anciens. Il s’appelle « The Spartans » et a été écrit par un certain Paul Cartledge qui a enseigné à Cambridge. Je n’ai lu que les 20 premières pages où l’on décrit la société spartiate comme ceci : « At the heart of it lay paranoia and a preoccupation with secrecy, both in the circumstances wholly rational. » Hmm, ça sent l’administration Bush, non ?

Je continue ma lecture d’Après l’empire, où M. Todd nous assure que les troubles actuels au monde arabe ne sont que « des crises de transitions » aux valeurs modernes et non pas un combat à la mort contre les « valeurs » de l’Occident. Pire encore est sa conclusion sur les motifs réels de la politique américaine : « Nous ne savons pas encore si l’universalisation de la démocratie libérale et de la paix est un processus historique inévitable. Nous savons déjà qu’un tel monde serait une menace pour l’Amérique. Dépendante économiquement, elle a besoin d’un niveau de désordre qui justifie sa présence politico-militaire dans l’Ancien Monde. » Ouf.

J’ai remarque ce matin que la rédaction du Washington Post parle de crimes de guerre dans son éditorial d’aujourd’hui. Du désordre moral…

J'attends avec impatience l'élection présidentielle en Ukraine ce dimanche.

Bon, il faut que j’aille chercher le gros chapon bio qu’on va manger samedi et qu’on emmène avec nous ce soir. C’est curieux, le monde dans lequel on vit — on passe de la torture à la volaille de luxe sans grand effort — avec une courte prise de conscience, quand même.