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Du temps à perdre

Hier soir on a profité de notre liberté provisoire (ou manque d'alternatives, comme vous voulez) pour aller voir le film Kinsey, une sorte de biographie du sexologue qui a scandalisé le public américain en lui démontrant par les statistiques les plus impersonnelles combien le « normal » dans les goûts sexuels serait en réalité rare chez notre espèce. L’Irlandais Liam Neeson a joué le rôle du professeur provocateur — il y avait un tas d’autres vedettes dans les rôles secondaires, dont Chris O’Donnell (très moyen), Lynn Redgrave (excellente), Timothy Hutton, Veronica Cartwright, John Lithgow, et Tim Curry(c’est drôle, j’en ai vu quatre dans des pièces à New-York). Le film m’a plu un peu plus qu’au copain, qui lui avait donné une note de B+ à mon A- (notation scolaire américaine). Et ça coûte cher maintenant le billet, à 10.50 $ !

Il n’y avait presque personne au gym ce matin — ce qui ne me dérange pas du tout. Très peu de circulation dans les rues. Il n’y a que des touristes des états bleus dans la galerie aujourd’hui — ils sont tous choqués par les tableaux qui ont tous de gros mots peints là-dessus (ça fait très années 80, féministe, « transgressif » et tout le reste).

J’ai connu ce matin la réapparition d’une personne disparue auparavant de ma vie — elle nous avait laissé un message au répondeur le dimanche dernier. Ça fait des années qu’on ne se voit plus, à cause d’un « malentendu » autour de la mort d’un ami mutuel. Cela m'avait profondément bouleversé et je l’avais trouvée beaucoup moins touchée qu’elle n’aurait dû l’être, à mon avis. Nous avons pris nos distances. Elle s’est ensuite mariée avec un Allemand et elle habite actuellement en Allemagne. Elle travaille pour une grande galerie importante à New-York avec des clients partout dans le monde (originaire de Madrid, elle parle espagnol, italien, anglais, français et, je suppose, un peu d’allemand — ce qui est très commode pour pouvoir parler tableaux avec des clients venant de Santiago du Chili, de Paris, de Madrid ou de Milan). Je l’avais vue la dernière fois lors de la grande expo des galeries d'art américaines en février — on s’est embrassé comme si rien de grave ne s’était passé et elle m’avait alors donné son numéro de portable qui marche aussi en Europe. Donc, ce matin, je lui ai donné un coup de téléphone. Elle était dans la voiture, en Allemagne. Elle rentrait chez elle de l’aéroport où elle avait déposé sa mère qui rentrait à Madrid. Elle n’a pas voulu bavarder dans la voiture, il paraît ce que c’est illégal de parler au portable sur la route en Allemagne, tout comme ici, d’ailleurs. Donc on s’est mis d’accord pour se rappeler plus tard dans la semaine. Mais je suis content qu’on ait renoué un peu nos rapports. C’était autrefois une amie très proche, et elle m’a manqué.